La plus modeste et la plus belle,

Celle-là m'a donné sa foi!

Où la verrai-je? où donc est-elle?

Jeunes beautés, montrez-la-moi.

Je m'accompagnois de mon forte-piano. Aux premiers accords les demoiselles étoient accourues sous mes fenêtres. Je finissois le second couplet, quand je vis s'approcher deux femmes dont le costume m'effraya. L'une des deux étoit vieille; elle gourmanda l'aimable jeunesse, attentive à mes chansons. «Eh! laissons ces enfans s'amuser», dit l'autre. Je crus la reconnoître; elle étoit jeune et jolie. «Voyez, la musique a cessé depuis que nous sommes là! Il semble que notre aspect seul effarouche les plaisirs. Allons-nous-en, ma sœur, laissons ces enfans s'amuser. L'heure de la récréation est si courte! Et puis, elles n'ont pas l'agrément d'entendre cela tous les jours. Ces morceaux ne sont pas ceux que je touche, et d'ailleurs, je ne touche pas, à beaucoup près, aussi bien; laissons ces enfans s'amuser.» Quand les deux dames furent loin, je continuai:

Le doux penchant qui nous entraîne,

Vous aussi, vous l'éprouverez!

Un jour, un jour vous sentirez,

Vous sentirez toute ma peine.

La plus sensible et la plus belle,