Monsieur, daignez me donner un moment d'attention.
Qu'on se figure l'inquiétude que j'éprouve pendant cette étrange explication. Sophie voudroit parler, sa foiblesse ne le lui permet pas; mais elle écoute péniblement. Son visage se couvre d'une pâleur mortelle; une sueur froide coule sur son front décoloré.
«Messieurs, continue le baron de Gorlitz, j'ai passé ma vie au milieu des armes. En 1771, je servois dans les armées russes, nous faisions la guerre à des Polonois révoltés.
M. Duportail.
A des Polonois? en 1771?
Le Baron de Gorlitz.
Oui, Monsieur; mais vous m'interrompez à chaque instant… Après une sanglante victoire remportée sur eux, je ne demandai pour ma portion d'un butin considérable qu'un enfant âgé de deux ans à peu près.
M. Duportail se lève et court vers Sophie.
Ah! ma chère Dorliska!
Le Baron de Gorlitz, le retenant.