LE DERNIER RAYON

Je meurs...

LE CRÉPUSCULE

Je conduis comme un chef d'orchestre des rumeurs;
Universel amant, exact, subtil et tendre,
J'entre dans chaque chambre où l'on rêve à m'attendre,
Avec les souvenirs accrochés après moi.
Je suis l'ordonnateur du calme et de l'émoi,
Je verse tour à tour l'insomnie ou le songe,
J'enseigne aux miroirs francs la beauté du mensonge,
Et lorsqu'Éros, semeur d'inguérissables maux,
Cruel comme un enfant avec les animaux,
Remplit un cœur fané de ses muets tumultes,
Je rappelle à ce cœur l'oubli des autres cultes:
Que d'une Vierge un fils comme à Vénus est né;
Et que s'il est un dieu de roses couronné,
Il en existe un autre auréolé d'épines!
Alors tout le jardin ferme ses aubépines,
Ses gloires de Dijon, ses Maréchal Niel,
Son sérail alangui de parfums, et le ciel
Pour me récompenser de ma pieuse course,
Accroche à mon manteau l'Ordre de la Grande Ourse!
Je suis le doux voleur aux invisibles mains
Qui dérobe aux œillets, aux lys et aux jasmins
Leur arôme excessif tout le long des allées,
Pour le charme incomplet des pâles azalées!
Je suis bon, je suis pur; rien de beau ne me nuit;
Je suis le fils rêveur du jour et de la nuit,
Et je porte le nom charmant de Crépuscule...

LES TUBÉREUSES

Comme il est radieux!

LES SOLEILS

Comme il est ridicule!

LE CRÉPUSCULE

Qu'aperçois-je? un lecteur encor, dans son hamac?