Germaine se tenait les côtes. Mme Râteau se vexait. Jacques s'enlisait.
Le lendemain de l'affaire Gall, il se réveilla triste.
Comme un opéré pense à des boissons froides, comme un blessé de la moëlle épinière qui ne peut plus s'asseoir dessine des chaises, il songeait aux épouses discrètes qui aident le travail des hommes et fondent une famille. Mais il repoussait cette soif d'eau fraîche comme une soif d'alcool.
Une nuit, en étreignant Germaine, il lui chuchota qu'il souhaitait un enfant. Germaine avoua que cette douceur lui était interdite.
—J'en aurais déjà un, dit-elle, si c'était possible. Je me console en élevant des fox-terriers.
La pêche raconte son ver. Presque toutes en cachent. Pauvre Jacques; ce serait grande imprudence que de changer son sort contre celui des bêtes royales qu'il désire. Ne sentirait-on pas, à peine revêtue leur apparence, outre les imperfections qui échappent aux yeux entre les arbres d'un parc ou la fumée des bars, quelqu'infirmité profonde.
Ces poids successifs ne le détachaient en rien de Germaine. Au contraire. Il la plaignait. Il se plaignait donc. Son amour grandissait et somnolait comme un bébé qu'on berce.
Il y eut, chez Germaine, une suprise-partie. La bande Sucre-en-Poudre vint goûter à l'improviste.
Sucre-en-Poudre comptait soixante ans et en paraissait vingt-cinq. Son régime consistait à ne boire que du champagne et à ne jamais se coucher, sauf avec des jockeys ou des professeurs de danse. Elle tenait une fumerie d'opium. On y endossait des robes japonaises en crêpe de Chine. On fumait, pêle-mêle, sur une descente de lit. On écoutait feu Caruso chanter Paillasse.
Ce joli monde cria, sauta, boxa.