[SUITES DU THÉÂTRE]
À la popote, on ne s'entretenait que des deux femmes. Plus qu'un oncle général, elles ajoutaient du prestige à Guillaume.
—Dis donc, lui dit Roy, elle t'adore, cette gosse.
Guillaume, avec la voix qu'il avait prise jadis pour répondre à la princesse chez Verne: ma tante est une sainte, etc., répondit au fusilier:
—C'est réciproque. Nous nous aimons comme frère et sœur.
Or, cette visite avait apporté de la richesse à Guillaume et la lui laissait. Un nouvel accessoire ornait son jeu étrange. Henriette pouvait aller au bout du monde sans qu'il trouvât rien à y perdre.
[MORT DE PAJOT]
Un malheur frappa le groupe de Coxyde.
Pajot devait partir en permission le jour de sa descente des lignes. Il tremblait donc toute la nuit qu'un accident survint. Roy le taquinait, et, comme Pajot le suppliait de se tenir tranquille, lui barbouilla le visage de lumière, avec sa lampe de poche. Pajot tomba raide mort, une balle dans la tête. Cette balle était une balle perdue, mais Roy se traitait d'assassin. Il ne sortait plus d'une tristesse noire.
Guillaumme ne le quittait pas, le surveillait, s'employait à l'égayer.