—Aubrun, dit M. des Jonchères, nous avons besoin de votre expérience et de toute votre habileté dans une affaire très douloureuse pour mon ami, le docteur Cébronne. Vous la connaissez, sans doute, par les journaux?

—Oui... J'ai lu différents articles. Vilaines apparences pour cette jeune femme!

—Précisément! Apparences... et nous sommes persuadés que la justice s'égare, malgré les précautions dont elle s'entoure. Je vais vous exposer minutieusement les faits; malheureusement, tels que les présente l'enquête, ils sont probants et...

—Et vous gardent prisonnier, dit Aubrun saisissant aussitôt la question; vous ne parvenez pas à vous en dégager pour la défense? Je comprends! et désire connaître jusqu'au détail le plus infime.

M. des Jonchères commença son récit d'une façon nette et méthodique. Cébronne, la tête appuyée sur sa main, ne disait pas un mot, mais observait attentivement le visage d'Aubrun et la contension qui rendait immobiles les yeux intelligents fixés sur ceux de l'avocat.

Malgré lui, M. des Jonchères, entraîné peu à peu, plaidait l'accusation beaucoup plus qu'il ne la combattait, et Cébronne souffrait affreusement d'une exposition dont la rigueur lui paraissait tout à coup écrasante.

Quand l'avocat s'arrêta, un sourire éclairait les traits de M. Aubrun.

—Je la tiens! dit-il avec assurance.

—Vous la tenez? Qui?

—La coupable!... et assurément ce n'est pas Mlle Deplémont; elle n'est, en effet, accusée que par des apparences.