—Assez forte, je suppose, monsieur; mais depuis que mon fils gagne, j'ai fait des économies; on paierait par acomptes, et puis j'emprunterais...

«Ah! ah! pensa Aubrun, nous avançons vers quelque chose.»

Malgré son grand désir de pousser plus loin, il eut la prudence de laisser tomber la conversation et d'attendre que Sophie revînt elle-même sur le sujet.

Ce moment ne devait pas tarder, car plus la femme de charge connaissait «M. de Lucel», plus elle appréciait sa bonté et pensait qu'il ne refuserait pas, le cas échéant, de l'aider dans la réalisation de ses projets.

Elle vint donc le trouver pour lui dire:

—J'ai un service à demander à monsieur; j'espère que ce ne sera pas indiscret.

—Indiscret? Pourquoi donc? répondit Aubrun d'un ton satisfait. Vous avez l'air d'une si brave femme, et vous vous êtes si bien débattue pour élever votre fils, que je serai enchanté de vous rendre service.

—Merci, monsieur! Le nom du patron de mon fils est Marait, 60, rue du Bac. Il parle de se retirer, mais je ne connais pas ses idées sur le prix du fonds de commerce...

—Mais alors vous ne pouvez former aucun projet!

—Non, monsieur; c'est bien cela! Il me faudrait des informations.