—Ah! monsieur, ce ne serait pas la même chose pour mon fils! D'abord, il est au courant des affaires de la maison, il connaît la clientèle dont il est aimé, ce qui est beaucoup pour réussir. Et puis, monsieur comprendra que devenir patron de la maison où on est simple employé... c'est bien agréable!

—Je comprends! j'entre dans tous vos sentiments, ma bonne Sophie. Mais qu'allez-vous faire?

—Je vais causer avec mon fils et, s'il est de mon avis, j'irai parler à M. Marait.

—C'est votre affaire! répondit indifféremment Aubrun.

Elle lui raconta, le lendemain, que M. Marait, fort étonné, avait émis des doutes assez blessants sur la réussite d'un projet irréalisable, selon lui, pour une femme qui gagnait péniblement sa vie.

Elle lui avait répondu en parlant de ses économies et d'un emprunt.

—Il a haussé les épaules, monsieur, dit-elle avec une certaine irritation! Cependant, comme il aime mon fils, il m'a promis de ne rien conclure sans me prévenir et m'a laissé trois semaines pour me débrouiller.

—Eh bien, vous réfléchirez.

Il passa la journée à rédiger des notes, en se demandant quelle serait l'invention de la femme de charge pour atteindre son but sans se compromettre, si elle était coupable.

Mais était-elle coupable? Peut-être, poursuivi comme M. des Jonchères par une idée, avait-il mis des visières qui l'obligeaient à ne regarder qu'un point.