X
Pendant qu'Aubrun suivait sa piste avec une confiance à peu près inébranlable, Gertrude recevait fréquemment la visite de son avocat et de Cébronne.
Avec précautions, M. des Jonchères lui apprit que l'affaire passerait aux assises dans le courant de l'été, ajoutant que, selon les plus grandes probabilités, son innocence serait reconnue bien avant la date fixée pour le procès.
—Les assises! murmura-t-elle avec consternation.
—Nous n'irons pas jusque-là, croyez-le bien!
Mais il vit que le coup était terrible et brisait une partie des espérances de la malheureuse femme.
Elle était forte en apparence, mais sa pâleur, son expression qui, de jour en jour, devenait tragiquement douloureuse, indiquaient un fléchissement moral et physique.
En voyant passer les jours et même les semaines, elle avait des accès de désespérance qu'elle combattait courageusement, mais qui laissaient des traces poignantes sur son visage.
Elle ne voulait plus être questionnée et répondait invariablement au juge d'instruction:
—A quoi bon? Je suis innocente, les faits m'accusent, et ce sont les faits que vous croyez. Si vous ne me croyez pas quand je crie mon innocence, pourquoi me croiriez-vous sur d'autres points?