—Est-elle catholique? A-t-elle des habitudes pieuses?

—Oui, répondit Bernard étonné d'une question qui lui semblait bien intempestive, elle va tous les jours à la messe de six heures. Si elle est catholique! Convaincue et même ardente. Rien n'était charmant comme ses discussions avec moi quand nous abordions certains sujets.

—Tu m'as dit que le malheureux Chantepy te parlait d'elle fréquemment?

—Chaque fois que j'allais le voir, et, depuis quelques mois, il m'appelait souvent. Il l'aimait sincèrement; d'après un mot, j'ai lieu de croire qu'elle sera son héritière.

—Ah!... pourvu qu'il n'ait pas fait de testament en sa faveur!...

—Tu considères que ce serait une charge contre elle!... tu la soupçonnes! alors que nulle charge n'existe parce que le soupçon ne peut pas l'effleurer!

—Pour toi, oui! mais pour ceux qui n'ont aucun intérêt à la défendre, pour la justice?

Cébronne s'irritait, mais M. des Jonchères voulait le préparer sans faiblesse à un avenir cruel.

—Bernard, écoute-moi de sang-froid. Cette jeune fille appartient peut-être à la catégorie de certaines malades que tu connais aussi bien et même mieux que moi. Tu sais combien elles sont habiles et dissimulatrices.

—Pas plus malade que coupable, répondit avec fermeté Cébronne. Tu t'égares, mon pauvre ami.