—Je demande à être professeur, s'écria Paul de Conprat.

—Paul est un valseur émérite, dit le commandant; toutes les femmes désirent valser avec lui.

—Et puis il est charmant!» répliquai-je avec onction.

Le commandant et son fils se mirent à rire; le curé et les deux amis de mon oncle me regardèrent en souriant et en hochant la tête d'une façon paternelle. Mais le visage de M. de Pavol prit une expression mécontente, et ma cousine releva ses sourcils par un mouvement qui lui était particulier quand quelque chose lui déplaisait, mouvement rempli d'un tel dédain que j'eus la sensation pénible d'avoir dit une bêtise.

Après le déjeuner, nous circulâmes dans les bois; j'avais retrouvé ma gaieté et je parlais sans m'arrêter, m'amusant à contrefaire la tournure et l'accent d'un de nos convives dont les ridicules m'avaient frappée.

«Reine, que tu es mal élevée! disait Blanche.

—Il parle ainsi», répondis-je en me pinçant le nez pour imiter la voix de ma victime.

Et M. de Conprat riait; mais Junon s'enveloppait dans une dignité imposante qui ne me troublait pas le moins du monde.

Il arriva un moment où je me trouvai près de lui pendant que ma cousine marchait devant nous d'un air nonchalant. Je m'aperçus qu'il la regardait beaucoup.

«Qu'elle est belle, n'est-ce pas?» lui dis-je dans l'innocence de mon cœur.