Mon oncle se mit à rire.
«Il est difficile de vous gronder, Reine, vous glissez entre les doigts comme une anguille. Quoi qu'il en soit, je vous affirme que si vous ne voulez pas m'écouter, vous n'irez plus dans le monde.
—Oh! mon oncle, si vous faisiez une chose pareille, vous seriez digne des tortures de l'inquisition!
—L'inquisition étant abolie, je ne serai pas torturé, mais vous m'obéirez, soyez-en certaine. Je ne veux pas que ma nièce prenne des habitudes et des allures qui, supportables à son âge, la feraient passer plus tard pour..., hum!
—Pour qui, mon oncle?»
M. de Pavol eut une violente quinte de toux.
«Hum! pour une femme élevée dans les bois, ou quelque chose d'approchant.
—Ce ne serait pas si niais, cette appréciation! le Buisson et les bois se ressemblent beaucoup.
—Enfin, ma nièce, soyez convaincue que j'ai parlé sérieusement. Allez-vous-en, et réfléchissez.»
Pour le coup, je vis qu'il ne fallait pas plaisanter avec cette semonce formidable. Aussi je m'enfermai dans ma chambre, où je boudai durant vingt-huit minutes et demie, espace de temps pendant lequel je sentis germer dans mon cœur le désir louable de faire connaissance avec la pondération.