—Rien, mon oncle.
—Vous ennuyez-vous? Voulez-vous faire un voyage?
—Oh! non, non, mon oncle; je serais désolée de quitter le Pavol.
—Si vous tenez essentiellement à vous marier, ma nièce, vous êtes libre, je ne suis pas un tyran. Regretteriez-vous le refus par lequel vous avez accueilli les demandes qui se sont succédé depuis quelque temps?
—Non, mon oncle; j'ai abandonné mon idée, je ne veux pas me marier.»
Ces malheureuses demandes ajoutaient encore à mes ennuis. Je ne pouvais plus entendre parler de mariage sans avoir envie de pleurer. Si M. de Pavol ne me pressait pas pour accepter, il me faisait voir les avantages de chaque parti et insistait un peu pour que je consentisse au moins à connaître mes chevaliers. Il les eût même assez facilement qualifiés de cas extraordinaires, et, parmi les nombreuses découvertes que je faisais journellement, l'inconséquence de mon oncle n'est pas celle qui m'ait le moins étonnée. Au fond du cœur, je pense qu'il était légèrement effrayé de la charge d'âme qui lui était incombée. Mais il me laissait entièrement libre et se contenta, pour refuser quelques partis, de mes raisons qui n'avaient ni queue ni tête.
«Pourquoi tant dire que tu étais pressée de te marier, Reine? me demanda Blanche.
—Je ne me marierai pas avant d'avoir trouvé ce que je désire.
—Ah!... et que désires-tu?
—Je ne le sais pas encore», répondis-je, la gorge serrée.