—Et l'amour, vous le comptez pour rien? fit le jeune homme presque en souriant.

Nadia rejeta fièrement sa tête en arrière, d'un geste qui lui était familier.

—L'amour passe, dit-elle; la communion d'esprit reste.

—Mais nos idées sont les mêmes, chère princesse, s'écria Korzof enhardi. Nous voulons tous deux le bonheur de ceux qui nous entourent, n'est-il pas vrai? Il ne s'agit que de s'entendre sur les moyens. Ce n'est pas cela qui sera difficile. D'ailleurs, je voudrai tout ce qui vous plaira.

Il parlait avec une chaleur communicative. Nadia sourit à son tour, puis soudain redevint grave.

—J'ai fait un vœu, dit-elle, pendant que son beau visage s'assombrissait.

—Un vœu téméraire, non avenu! Qui n'a jamais fait de semblables serments?

—Moi! reprit Nadia; je n'ai jamais fait de serment que je ne fusse résolue à tenir, celui-là comme les autres.

Mais, après avoir gagné tant de terrain, Korzof n'était pas disposé à le perdre. Il se décida à défendre vaillamment ce qu'on voulait lui reprendre.

—Qu'exigerez-vous de votre mari, princesse? dit-il d'un ton enjoué. Qu'il soit bien élevé, d'abord, n'est-il pas vrai?