—Alors, en écrivant à mon oncle au château de Pavol, près de V..., la lettre arriverait sûrement?

—Sans doute.

—Eh bien, monsieur le curé, ma vengeance est trouvée. Vous savez que si ma tante ne m'aime pas, en revanche elle aime mes écus?

—Mais, mon enfant, où avez-vous appris cela? me dit le curé, ahuri.

—Je le lui ai entendu dire à elle-même; ainsi je suis sûre de ce que j'avance. Elle craint par-dessus tout je ne me plaigne à M. de Pavol et que je ne lui demande de me prendre chez lui. Je compte la menacer d'écrire à mon oncle; et il n'est pas dit, continuai-je après un instant de réflexion, que je ne le fasse pas un jour ou l'autre.

—Allons! c'est assez innocent, dit le bon curé en souriant.

—Vous voyez! m'écriai-je en battant des mains, vous m'approuvez!

—Oui, jusqu'à un certain point, ma petite, car il est clair que vous ne devez pas être battue, mais je vous défends l'impertinence. Ne vous servez de votre arme qu'en cas de légitime défense, et rappelez-vous que si votre tante a des défauts, vous devez cependant la respecter et ne point être agressive.»

Je fis une moue significative.

«Je ne vous promets rien... ou plutôt, tenez, pour être franche, je vous promets de faire précisément le contraire de ce que vous venez de dire.