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MON ONCLE ET MON CURÉ
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LE VŒU DE NADIA
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MON ONCLE ET MON CURÉ


I

Je suis si petite qu'on pourrait me donner la qualification de naine, si ma tête, mes pieds et mes mains n'étaient pas parfaitement proportionnés à ma taille. Mon visage n'a ni la longueur démesurée, ni la largeur ridicule que l'on attribue aux nains et aux êtres difformes en général, et la finesse de mes extrémités serait enviée par plus d'une belle dame.

Cependant, l'exiguïté de ma taille m'a fait verser des larmes en cachette.

Je dis en cachette, car mon corps lilliputien renfermait une âme fière, orgueilleuse, incapable de donner le spectacle de ses faiblesses au premier venu..., et surtout à ma tante. Du moins, telle était ma façon de sentir à quinze ans. Mais les événements, les chagrins, les soucis, les joies, la pratique de la vie, en un mot, ont détendu rapidement des caractères beaucoup plus rigides que le mien.