—Les femmes ne valent pas le diable!» répondit mon oncle d'un accent convaincu.
Je me rejetai, saisie, dans mon coin, tout en pensant que cette appréciation n'était pas bien flatteuse pour ma tante de Pavol. Quand j'eus ruminé la sentence de mon oncle, je repris:
«Mais puisque j'épouserai un homme, cela m'est parfaitement égal que les femmes ne valent pas le diable. Mon mari se débrouillera avec moi comme il pourra.
—Voilà de la logique. Vous savez raisonner, à ce qu'il paraît! Les jeunes filles ont la rage de se marier, c'est connu.
—Ma cousine partage donc mes idées?
—Oui, répondit mon oncle, assombri.
—Ah! tant mieux! dis-je en me frottant les mains. Est-elle grande, ma cousine?
—Grande et belle, répliqua M. de Pavol avec complaisance, une véritable déesse et la joie de mes yeux. Du reste, vous allez la voir dans un instant, car nous arrivons.»
Nous tournions en effet dans une avenue de grands ormes qui conduisait au château.
Ma cousine nous attendait sur le perron. Elle me reçut dans ses bras avec la majesté d'une reine qui accorde une grâce à ses sujets.