CELIE.
Pour moy je n'en puis plus.
ISMENIE.
Et bien je vous permets,
Et vous commande aussi de l'aymer desormais,
Sans que jamais nul autre au change vous invite.
TENARE.
Ah, ah, ah, me changer, vrayment je l'en dépite;
Aussi-tost qu'une Dame a gousté mes appas,
L'amour qu'elle a pour moy surmonte le trépas,
Il faut que des Enfers sa pauvre ombre revienne
Afin d'avoir encor l'entretien de la mienne,
Ne pouvant plus jouïr de celuy de mon corps
Du moment que le sien est au nombre des morts,
D'où vient qu'une ombre ou deux se meslant à la nostre,
Nous l'avons plus épaisse & plus noire qu'une autre,
Ce qui se voit assez quand je suis au Soleil,
Me changer.
ISMENIE.
En effet vous estes sans pareil;
Mais elle doit trembler d'une crainte eternelle
Que vous ne la quitiez.
TENARE.
Jamais, elle est trop belle.