Le joyeux ordre de Sainte-Brigitte. Souvenirs personnels de l'usage de la verge par Marguerite Anson York.

Imprimé pour les amis de l'auteur, MDCCCLVII[27].

[27] The Merry Order of St Bridget, Personal Recollections of the Use of the Rod by Margaret Anson; York: Printed for the Author's Friends, MDCCCLVII.

On attribue ce livre au même auteur qui a écrit pour Hotten The History of the Rod (l'Histoire de la verge). Il se compose de douze épîtres écrites par miss Anson à une de ses amies; la première lettre est datée de 1868, tandis que sur l'ouvrage le frontispice porte la date erronée de 1857.

Un certain nombre de dames, assemblées dans un château en France, pendant le second Empire, créent, pour passe-temps, le Joyeux Ordre de Sainte-Brigitte, une société ayant pour but l'application mutuelle des verges, une pratique à laquelle elles sont toutes adonnées.

Marguerite Anson est la soubrette de l'une de ces dames et elle est admise à faire partie de la société en qualité d'aide. La description de sa propre installation donnera une idée des rites de l'ordre.

Mais laissons-la avant tout admirer son costume: «Une chemise de toile fine, garnie de Valenciennes avec des entre-deux de rubans. Un jupon moelleux en flanelle blanche garnie de soie en bordure dans le bas; un autre en cachemire blanc, très fin avec un ruché dans le bas, garni de velours bleu de ciel. J'avais en fait de corset l'un de ceux de ma maîtresse, tout brodé; et par-dessus le tout, un magnifique peignoir bleu, avec des ruchés blancs; pas de jupes ni de pantalons et rien aux pieds, qu'une paire de mules bleues garnies de rosettes blanches très mignonnes.»

Ainsi accoutrée, Marguerite est placée dans une petite chambre contiguë à la grande salle où le Joyeux Ordre tenait ses assises: elle a les yeux bandés.

«Il me semble que j'attendis longtemps, mais je crois que ce ne fut que quelques minutes au bout desquelles quelqu'un entra dans la chambre:

—Enlevez votre manteau! me dit une voix que je reconnus pour celle de Mistress D…, une dame anglaise, belle, grosse et grasse, de quarante ans environ, pleine de vie et de malice, qui avait été une des promotrices de l'affaire.