—Pourquoi cela?

—Parce que je vous aurais conseillé de faire dessiner comme qui dirait un caniche à la place de cette levrette. Le caniche, voyez-vous, il n’y a rien de pareil pour la fidélité; c’est connu....

Une envie de rire me prit; je me contins.

—Savez-vous, Monsieur Auguste, répondis-je avec une apparente condescendance, que cette observation est très profonde, et que je partage entièrement votre avis? Bien mieux, vous venez de m’inspirer une idée: si l’on mettait dans la gueule du caniche une sébile de bois, comme en ont les chiens d’aveugles, hein! qu’en dites-vous?

—Je dis que l’idée est fameuse... Eh! mais, ajouta le maçon, qui tenait à être mon collaborateur, après c’temps-là, si nous faisions aussi l’aveugle et son écriteau pour bien faire comprendre que c’est un chien d’aveugle? Ça rappellerait aussi la chanson, vous savez: «Plus je suis pauvre et plus il m’est fidèle,» et puis l’on pourrait faire encore....

—Des passants, peut-être?

—Précisément; il y aurait, voyez-vous, un petit garçon.

—Mais, Monsieur Auguste, vous ne vous apercevez pas qu’il y aurait aussi une difficulté.

—Laquelle?

—C’est qu’en voyant le chien, l’aveugle et le petit garçon, il ne serait plus possible de savoir lequel des trois est l’emblème de la fidélité?