—Sire, répondis-je avec assez d’assurance pour un homme peu habitué à se trouver en face d’une tête couronnée, j’espère qu’à cette époque mon automate sera devenu assez intelligent pour faire des corrections, s’il y a lieu.
Le Roi parut satisfait de ma réponse.
Je profitai de cette bonne disposition pour lui faire connaître que mon Ecrivain Dessinateur était également poète, et j’expliquai que l’on pouvait lui proposer, sous forme de demande, un quatrain incomplet, qu’il achèverait par le mot répondant à la question contenue dans les trois premiers vers.
Le Roi choisit celui-ci:
Lorsque dans le malheur, accablé de souffrance,
Abandonné de tous, l’homme va succomber,
Quel est l’ange divin qui vient le consoler?
C’est.....
L’espérance, ajouta l’écrivain sur la quatrième ligne, complétant ainsi le quatrain.
—C’est vraiment charmant, me dit le Roi. Mais, Monsieur Robert-Houdin, ajouta-t-il à demi-voix et d’un ton confidentiel: pour faire un poète de votre écrivain, vous lui avez donc donné de l’instruction?
—Oui, Sire, selon mes faibles moyens.
—Alors mon compliment s’adresse au maître plus encore qu’à l’élève.
Je m’inclinais pour remercier le Roi, autant pour son compliment que pour la manière délicate dont il m’avait été adressé.