Je mettais alors simplement sous le nez de l’enfant un flacon vide que je débouchais avec soin, mais dans la coulisse on jetait de l’éther sur une pelle de fer très chaude, afin que la vapeur s’en répandît dans la salle. Mon fils s’endormait aussitôt, et ses pieds, devenus plus légers, commençaient à quitter le tabouret.

Jugeant alors l’opération réussie, je retirais le tabouret de manière que l’enfant ne se trouvait plus soutenu que par les deux cannes.

Cet étrange équilibre excitait déjà dans le public une grande surprise. Elle augmentait encore lorsqu’on me voyait retirer l’une des deux cannes et le tabouret qui la soutenait; et enfin elle arrivait à son comble, lorsqu’après avoir élevé avec le petit doigt mon fils jusqu’à la position horizontale, je le laissais ainsi endormi dans l’espace, et que pour narguer les lois de la gravitation, j’ôtais encore les pieds du banc qui se trouvait sous cet édifice impossible, tel que le représente la gravure ci-dessus.

La première représentation eut lieu le 10 octobre 1849.

LA GUIRLANDE DE FLEURS.

Ce tour était très compliqué et formait à son dénouement un très joli tableau.

J’empruntais deux mouchoirs et trois montres; j’en faisais un paquet que je mettais dans une sorte de pistolet-tromblon, et j’y joignais trois cartes choisies dans un jeu par un des spectateurs. Pendant ce temps, on apportait une guirlande de fleurs que l’on suspendait à de petits rubans placés au milieu de la scène.

J’annonçais alors que ces fleurs allaient me servir de point de mire, et que lorsque je ferais feu de ce côté, les montres, les mouchoirs et les cartes iraient se grouper autour d’elles.

En effet, lorsque le coup partait les cartes apparaissaient sur la guirlande, les montres en dessous et les mouchoirs pendaient sur le côté.