N° 2. AUTRE LETTRE DU MAMOUR.
Lui (Dieu).
O le plus cher des amis, le trésor des compagnons, notre ami chéri, le bey magnifique, que sa vie soit longue.
Après vous avoir présenté mes salutations avec le plus vif désir de vous voir, l'objet de cet écrit est: 1° de m'informer de l'état de votre glorieuse personne, et de votre tempérament agréable, élégant et fort; 2° de faire parvenir à Votre Excellence la lettre que vous avez demandée pour Son Excellence notre frère chéri, le mamour d'Esné. Plaise au Dieu très-haut que vous voyagiez en bonne santé et que vous arriviez de même. Puissions-nous revoir Votre Excellence comblée de toutes sortes de biens; présentez nos salutations à nos honorables amis qui sont en votre compagnie, et envoyez-nous de vos nouvelles; que le Dieu très-haut vous conserve. Ecrit le 4 de djomnadi premier, etc.
Les lettres qu'on vient de lire étaient enfermées dans une enveloppe avec l'adresse suivante:
«Qu'elle parvienne au plus honorable des amis, au trésor des compagnons, notre ami chéri, le Français fils de bey, le magnifique, qu'il vive longtemps au sein du bonheur.»
N° 3. LETTRE DE CHAMPOLLION LE JEUNE AU MAMOUR.
Monsieur cher et unique ami, Monsieur Mohammed-Bey, que le Dieu très-haut le conserve!
Après les salutations précieuses et le grand désir de votre agréable présence, le motif de la présente est que, dans ce moment, nous recevons votre chère lettre, et votre discours m'a réjoui, et je remercie le Ciel de votre santé, dont je désire la continuation, et à laquelle je dois la lettre dont vous m'avez gratifié pour le commandant d'Esné, de laquelle nous vous sommes infiniment obligé. Or, ma présente servira: 1° à m'informer de votre chère santé; 2° si vous désirez des nouvelles de la nôtre, grâce au Ciel, nous sommes parfaitement bien portant, et nous en désirons autant et plus à vous, et nous ne serions jamais en état de vous manifester le grand chagrin que nous éprouvâmes de votre séparation; mais nous prions le Ciel que, comme il nous a séparés, il daigne nous réunir de nouveau, car il est le très-puissant, et alors, à notre heureux retour, s'il plaît à Dieu, et possédant votre chère présence, nous nous acquitterons de ce qui est de notre devoir. Cela et rien de plus. Que Dieu allonge votre vie. Mes salutations à qui vous croirez de convenance.
Votre ami,