Le grand du pays de Touirscha, contrée maritime;

Le grand du pays de Pa..... (le reste est détruit).

Sur l'épaisseur du massif de gauche, Rhamsès-Méiamoun casqué, le carquois sur l'épaule, conduit des groupes de prisonniers de guerre aux pieds d'Amon-Ra; le dieu dit au conquérant: «Va! empare-toi des contrées; soumets leurs places fortes et amène leurs chefs en esclavage;»

Le massif correspondant et les corps de logis qui réunissent le pylône au grand pavillon du fond, sont couverts de sculptures qu'il serait trop long de détailler ici. On remarque des fenêtres décorées extérieurement et intérieurement avec beaucoup de goût, et des balcons soutenus par des prisonniers barbares sortant à mi-corps de la muraille.

L'intérieur du grand pavillon, divisé en trois étages, fut décoré de bas-reliefs représentant des scènes domestiques de Rhamsès-Méiamoun; je possède des dessins exacts de tous ces intéressants tableaux, parmi lesquels on remarque le Pharaon servi par les dames du palais, prenant son repas, jouant avec ses petits enfants ou occupé avec la reine d'une partie de jeu analogue à celui des échecs, etc., etc. L'extérieur de ce pavillon est couvert de légendes du roi ou de bas-reliefs commémoratifs de ses victoires.

C'est en suivant l'axe principal de ces curieuses constructions qu'on arrive enfin devant le premier pylône du grand et magnifique palais de Rhamsès-Méiamoun. L'édifice que nous venons de décrire n'en était qu'une dépendance et une simple annexe.

Ici, tout prend des proportions colossales: les faces extérieures des deux énormes massifs du premier pylône, entièrement couvertes de sculptures, rappellent les exploits du fondateur de l'édifice non-seulement par des tableaux d'un sens vague et général, mais encore par les images et les noms des peuples vaincus, par celles du conquérant et de la divinité protectrice qui lui donne la victoire. On voit sur le massif de gauche le dieu Phtah-Socharis livrant à Rhamsès-Méiamoun treize contrées asiatiques, dont les noms, conservés pour la plupart, ont été sculptés dans des cartels servant comme de boucliers aux peuples enchaînés. Une longue inscription, dont les onze premières lignes sont assez bien conservées, nous apprend que ces conquêtes eurent lieu dans la douzième année du règne de ce Pharaon.

Dans le grand tableau du massif de droite, le dieu Amon-Ra, sous la forme de Phré hiéracocéphale, donne la harpé au belliqueux Rhamsès pour frapper vingt-neuf peuples du Nord ou du Midi; dix-neuf noms de contrées ou de villes subsistent encore; le reste a été détruit pour appuyer contre le pylône des masures modernes. Le roi des dieux adresse à Méiamoun un long discours dont voici les dix premières colonnes: «Amon-Ra a dit: Mon fils, mon germe chéri, maître du monde, soleil gardien de justice, ami d'Ammon, toute force t'appartient sur la terre entière; les nations du Septentrion et du Midi sont abattues sous tes pieds; je te livre les chefs des contrées méridionales; conduis-les en captivité, et leurs enfants à leur suite; dispose de tous les biens existant dans leur pays; laisse respirer ceux d'entre eux qui voudront se soumettre, et punis ceux dont le coeur est contre toi. Je t'ai livré aussi le Nord..... (lacune); la Terre-Rouge (l'Arabie) est sous tes sandales, etc.»

Une grande stèle, mais très-fruste, constate que ces conquêtes eurent lieu la onzième année du roi. C'est à la même année du règne de Rhamsès-Méiamoun que se rapportent les sculptures des massifs du premier pylône du côté de la cour. Il s'agit ici d'une campagne contre les peuples asiatiques nommés Moschausch.

Des masses de débris amoncelés couvrent toute la partie inférieure du pylône et enfouissent en très-grande partie la magnifique colonnade qui décore le côté gauche de la cour, ainsi que la galerie soutenue par des piliers-cariatides formant cette même cour du côté droit. Déblayer cette partie du palais serait une entreprise fort dispendieuse, mais elle aurait pour résultat certain de rendre à l'admiration des voyageurs deux galeries de la plus complète conservation, des colonnes couvertes de bas-reliefs, de riches décorations ayant conservé tout l'éclat de leurs couleurs, et enfin une nombreuse série de grands tableaux historiques. Il a fallu me contenter de copier les inscriptions dédicatoires qui couvrent les deux frises et les architraves des élégantes colonnes, dont les chapiteaux imitent la fleur épanouie du lotus.