Continuant à chercher de la chaleur et le beau soleil du Midi au travers des neiges qui couvrent la Provence, je me suis rendu à Nîmes, où j'ai admiré l'amphithéâtre, et surtout la Maison carrée, qui, dans son état actuel, est certainement le mieux conservé de tous les monuments romains existants en Europe.
A Montpellier j'ai retrouvé l'excellent M. Fabre, que j'avais connu en Italie; il m'a fait visiter en détail le beau musée de tableaux et la riche bibliothèque dont il a fait don à sa ville natale. C'est une chose merveilleuse qu'une telle réunion.
Encore des neiges et du froid en quittant Montpellier. Quel démon d'hiver le ciel nous envoie-t-il donc cette année? J'en souffre beaucoup, et je crains fort de trouver la goutte en arrivant dans l'atmosphère brumeuse de Paris. Cependant il est temps que j'y rentre, et ce sera bientôt.... Adieu.
TRENTE ET UNIÈME LETTRE
Bordeaux, le 2 mars 1830.
Je me trouve enfin, en très-bonne santé, dans la belle ville de Bordeaux; je vais en courir les monuments pour achever mon éducation et finir mes caravanes, car c'est demain, mercredi 3 mars, que je monte dans le courrier, à dix heures du soir, pour arriver enfin à Paris vendredi, à la pointe du jour.
Nous nous trouverons donc là où nous nous sommes quittés, il y aura alors vingt mois et vingt jours; ce n'est pas trop pour les résultats que j'ai conquis sur le désert; on m'en saura un jour, peut-être, quelque gré....