VOYAGES AUX PÔLES.
Cette Partie se divise en trois Livres.
Le premier Livre comprend tous les voyages entrepris pour découvrir ce passage si important, et jusqu'ici vainement cherché de la mer du Nord à celle des Indes orientales, soit par l'est, soit par l'ouest des deux hémisphères. Rien n'est plus intéressant que le détail de cette tentative si hardie et si périlleuse, de ces navigations sous des latitudes polaires au milieu des glaces et dans des mers inconnues. Jamais rien n'a mieux fait voir ce que peut l'homme avec la patience et le courage, et ces expéditions ont fait un grand honneur aux nations commerçantes qui les ont plus d'une fois réitérées, et qui ne paraissent pas encore y avoir renoncé.
Le second Livre, qui traite du Groënland, est de la main de de Leyre, et mérite les mêmes éloges que nous avons donnés à son travail sur le Kamtschatka.
Le Livre troisième contient la description de l'Islande et de la Nouvelle-Zemble; car on a cru devoir réserver pour cette partie de l'ouvrage les contrées plus ou moins voisines du pôle.
CINQUIÈME PARTIE.
VOYAGES AUTOUR DU MONDE.
Cette partie se divise en deux Livres.
Le premier commence par le plus ancien des voyages autour du monde, celui de Magellan, qui ouvrit, vers l'extrémité du continent américain, ce fameux passage par le détroit auquel il a donné son nom; détroit qui, malgré ses difficultés et ses périls, était alors la seule communication connue de la mer du Nord à celle du Sud; mais qui fut bientôt abandonné lorsque le Hollandais Le Maire eut trouvé, plus au sud, une route plus facile en doublant le cap de Horn, et se fut aussi acquis l'honneur immortel de donner son nom au détroit où il était entré le premier. On y a joint tous les autres voyages autour du globe, par cette même route du sud-ouest, jusqu'à celui de l'amiral Anson, de 1740.
Enfin, le deuxième et dernier Livre remet sous les yeux du lecteur les voyages des navigateurs anglais qui ont précédé Cook dans le grand Océan; le voyage de Bougainville qui les a suivis à Taïti; et, en dernier lieu, celui du célèbre Cook, qui lui seul a découvert ou reconnu plus de terres nouvelles dans cet immense Océan méridional que tous les navigateurs qui l'y ont précédé. On n'a point donné à la curiosité humaine un plus grand spectacle que celui que présentent les relations de ces courses extraordinaires dans toute la circonférence du monde, dont les anciens ne pouvaient pas même avoir une idée, puisqu'ils n'en connaissaient que la moindre partie, et que les routes de l'Océan qui baignent les deux hémisphères leur étaient inconnues. Ces relations ne sont pas seulement des monumens très-curieux des connaissances et des efforts de l'homme, mais en même temps des modèles de ce respect pour l'humanité, la source de toutes les vertus sociales, et qui malheureusement a été trop ignoré des conquérans de l'ancien et du Nouveau-Monde. On s'est proposé, dans l'extrait de ces excellens ouvrages, de ne conserver que les faits les plus importans, puisque enfin c'est un Abrégé que l'on voulait faire; mais sans prétendre qu'il y eût d'ailleurs rien d'inutile ou de frivole dans les relations originales, qui seront toujours infiniment précieuses pour les lecteurs avides d'instruction.