La Convention prit, le 11 septembre, la place de la Législative. Son premier décret fut l'abolition de la royauté.
Cependant, au nom de la liberté républicaine, des colonnes de volontaires accouroient aux armes; nous nous trouvions sur leur passage, et notre repos en étoit troublé. D'ailleurs, l'approche de l'hiver rendoit humide et malsain le lieu où nous étions: il fallut le quitter, et ce ne fut pas sans regret que nous y laissâmes le bon évêque. Nous nous retirâmes, ma femme et moi, à Couvicourt.
Le 11 décembre, le roi comparut à la barre de la Convention; il y fut interrogé. Il demanda deux avocats, Tronchet et Target, pour conseils.
Target refusa son ministère à ces fonctions vénérables; le vertueux
Malesherbes s'empressa de s'offrir pour le remplacer; on y consentit.
Tronchet et Malesherbes demandèrent à se donner pour adjoint l'honnête et sensible Desèze, et l'on y consentit encore.
Le 26, le roi comparut pour la seconde fois et avec ses trois défenseurs. Desèze porta la parole, mais le roi ne lui avoit permis, dans sa défense, aucun appareil oratoire. En lui obéissant, Desèze n'en fut que plus touchant.
Le 17 janvier 1793, la peine de mort fut prononcée à la pluralité de 366 voix contre 353.
Le roi interjeta l'appel à la nation. L'appel fut rejeté.
Le 19, il fut décidé, à la pluralité de 380 voix contre 310, qu'il ne seroit point sursis à l'exécution de la sentence, et, le 21, Louis XVI eut la tête tranchée sur la place de Louis XV.
Son confesseur, au pied de l'échafaud, lui dit ces mots à jamais mémorables: «Fils de saint Louis, montez au ciel.»