P. [4], l. 21 et 22: ce jour.—Ms. de Rome: au soir. Fo 55 vo.
P. [4], l. 22: dix mille.—Mss. A 11 à 14: douze mille. Fo 52 vo.
P. [4], l. 23: que pors.—Ms. d'Amiens: trois mille pors et deus mille grosses bestes. Fo 39 vo.—Ms. de Rome: et bien cinq cens honmes, que fenmes, que enfans, qui depuis furent rançonné; et auquns on laissa aler pour l'amour de Dieu. Fo 55 vo.
P. [4], l. 27: Ces nouvelles.—Ms. d'Amiens: ces nouvelles et les complaintes de chiaux de Tournay et dou pays environ. Fo 39 vo.
P. [4], l. 30: d'Artevelle.—Ms. B 6: En che temps s'en vint Jaques de Hartevelle et se party de Gand à tout grant foyson de Flamens, et avoit intension de venir mettre le siège devant Tournay. Sy senefia son emprise au conte de Sallebrin, qui pour le tamps se tenoit en garnison en la ville d'Ypre, et que il i vaulsist estre. Fos 142 et 143.
P. [4], l. 31: à Gand.—Ms. d'Amiens: et li fu remonstré quel dammaige et quel despit chil de Tournay et (li) chevalier franchois avoient fet ou pays de Flandres. Fo 39 vo.
P. [5], l. 1: de Tournesis.—Ms. d'Amiens: et que briefment il venroit asiegier Tournay et tout le communalté de Flandres, et que jà n'y atenderoit ne roy d'Engleterre ne autre, et fist se semonsce et son mandement très grant et très especial, et mist adonc enssamble plus de soissante[ [402] mille Flamens. Fo 39 vo.
§ 101. P. [5], l. 15: Quant li doi conte—Ms. B 6: Le conte de Sallebrin ne volt mie desobeyr, mais s'apresta du plus tost que il peult; et cueilla tout ses compaignons où il povoit avoir soixante lanches et se mist au chemin et en mena les arbalestriés de la ville d'Ypre avec luy; et chevauchèrent devers Warneston. Or les convenoit il passer asés près de la ville de Lille qui estoit françoise. Se(u) fu leur aller par espies en la ville de Lille. Adonc se mirent en esbuque cheux de Lille et firent trois agais; et en cescune (route) avoit cinq cens compaignons. De che ne se doubtoient les Flamens et chevauchoient sur la conduite de monsseigneur Vafflart de le Crois, qui moult longement avoit guerriiet ceulx de Lille et porté pluiseurs domaiges. Et sy savoit toutes les torses et les chemins de antour de Lille: sy avoit empris de mener les Englès et Flamens sauvement et sans peril au dehors de Lille; mais il faly à son pourpost. Car quant il vint à che pas où il cuidoit passer, il retourna, car il y trouva tel empechement et tel tranquis que c'estoit chose impousible de y passer. Sy fu tous esbahis et dist ensy au conte de Sallebrin: «Monseigneur, on nous a deffendu le voie par chy depuis que je n'y passay, et se n'y a pas quinze jours. Je vous consaille, puisque par chy passer ne povons, que nous retournons arière et prendons ung autre chemin où je vous menray: (il) sera plus loing de chestuy environ trois lieues, mais nous y serons sauvement et sans dangier de cheulx de Lille.» Adonc s'avisa et aresta le conte de Salbrin et dist: «Il nous fault au vespre estre au Pont de Fier, où Jacques de Hartevelle nous atent, car ensy je luy ay mandé. Allons au bout de che fos(s)et, nous trouverons voie: cheus de Lille ne nous quer(r)oient jamais chy.»
Quelle chose que messire Wafflars desist ne quelle cose que il leur remonstrast, oncques le conte de Sallebrin ne le volt croire que il ne alast au debout du fosset; et puis les entra en ung vert chemin qui tout droit les mena là où cheulx de Lille avoient fait leur embusque. Et ne s'en donnèrent garde; sy furent droit sur eulx et ne peurent reculler. Messire Wafflart de le Croix, qui toudis se doutoit, alla derière: sy que osy trestost que il perchut cheux de Lille, il retourna son coursier et se fery parmi ung grans marès et se bouta en ung vivier et entre rossiauls et glaivons; là fu tout le jour jusques au vespre qu'il ysy hors à la nuit au mieulx qu'il pot et se sauva bien. Et le virent cheux de Lille partir, mais point ne le poursieuwirent, car il ne savoient pas que che fust messires Wafflars. Et entendirent à envayr et assalir le conte de Sallebrin et sa route, qui furent tantost avyronnet de plus de mille; lors virent bien que deffense ne leur valloit riens: sy se rendirent sauves leur vies.
Ensy les perirent cheux de Lille et les menèrent dedens la ville à grant joie. Et là avoit ung jone escuiier, nepveu au pape Benedit qui lors regnoit pour le temps, qui s'apelloit Raimmons, qui là estoit venus pour son corps avanchier. Sy estoit chis très richement armés. Sy s'esmeut entre les commun(s) qui pris l'avoient dissencion pour sa prise: sy que, par envie et mauvaiseté il fut ochis, coyque le conte de Sallebrin et les riches hommez de la ville en furent durement courouchiés, mais amender ne le peurent.