Le siége durant devant Tournay, le comte de Hainaut ravage et brûle Orchies[ [181] et plus de quarante villages ou hameaux des environs, Landas[ [182], Lecelles[ [183], Haubourdin[ [184], Seclin[ [185], Ronchin[ [186], la ville et l'abbaye de Cysoing[ [187], Bachy[ [188], Marchiennes[ [189], les bords de la rivière de Scarp jusqu'au château de Rieulay[ [190], en Hainaut; il pousse ses incursions jusqu'au Pont-à-Raches[ [191] à une lieue de Douai et jusqu'aux faubourgs de Lens[ [192] en Artois. P. [46], [232] et [233].
Combat sur l'Escaut entre les Flamands et les Français montés les uns et les autres sur des barques; les Flamands sont repoussés par les assiégés. P. [46], [47], [233], [234].
Durant ce même siége de Tournay, les Français de la garnison de Saint-Amand pillent et brûlent le village et l'abbaye d'Hasnon[ [193]; ils traversent les bois de Raismes, mettent le feu à l'hôtel du Pourcelet et attaquent l'abbaye de Vicoigne[ [194], dont l'abbé nommé Godefroi[ [195] parvient à repousser les agresseurs. Pour remercier les arbalétriers de Valenciennes qui sont accourus à son secours sous les ordres de Jean de Baissi, prévôt de la ville, l'abbé de Vicoigne leur fait boire un tonneau de vin; et dans la crainte d'une nouvelle surprise, il fait couper les bois qui entourent son abbaye et creuser de profonds et larges fossés. P. [47], [48], [234], [235].
«Pendant le siége de Tournay, dit Froissart, il survint plusieurs grands faits d'armes, non-seulement en France, mais encore en Gascogne et en Écosse, qui ne doivent pas être mis en oubli, car selon la promesse que j'ai faite à mon seigneur et maître en commençant cet ouvrage, je consignerai toutes les belles actions qui viendront à ma connaissance, quoique Jean le Bel ne les ait pas mentionnées dans ses Chroniques. Mais un homme ne peut tout savoir, et ces guerres étaient si grandes, si dures et si enracinées de tous côtés, qu'il est facile d'en oublier quelque chose si l'on n'y prend bien garde.» P. [235], [236].
Le comte de l'Isle[ [196] est en Gascogne comme un petit roi de France et fait une guerre acharnée aux Gascons du parti anglais. Les principaux chevaliers du parti français sont avec le comte de l'Isle, les comtes de Comminges[ [197] et de Périgord[ [198], les vicomtes de Villemur[ [199], de Tallard[ [200], de Bruniquel, de Caraman[ [201] et de Murendon[ [202]; l'effectif de leurs forces s'élève à six mille chevaux et dix mille fantassins. Les Français prennent Bergerac, Condom, Sainte-Bazeille[ [203], Penne[ [204], Langon[ [205], Prudaire, Civrac[ [206]; ils assiégent la Réole. Après une belle défense, Jean le Bouteiller, capitaine de la ville pour le roi d'Angleterre, rend la Réole[ [207] au comte de l'Isle qui confie la garde de cette place à un chevalier gascon nommé Raymond Segui. Une fois maîtres de la Réole, les Français mettent le siége devant Auberoche[ [208], dont la garnison a pour chef Hélie de Pommiers. P. [48], [236] et [237].
CHAPITRE XXXIX.
1340. GUERRE EN ÉCOSSE (§ 123).
Les Écossais prennent les armes sous les ordres de Guillaume de Douglas, des comtes de Murray, Patrick et de Sutherland, de Robert de Vescy, de Simon Fraser et d'Alexandre de Ramsay.—Pendant que le roi d'Angleterre assiége Tournay, et à l'instigation du roi de France, les Écossais portent le ravage dans le Northumberland et l'évêché de Durham; ils reconquièrent toutes les forteresses occupées par les Anglais, à l'exception de Bervick, de Stirling, de Roxburgh et d'Édimbourg. P. [49], [50], [237] à [239].
Guillaume de Douglas s'empare du château d'Edimbourg par surprise. P. [51] à [54].
Reddition aux Écossais de Dalkeith, de Dumbar, de Dundee, de Dumfermline; siége de Stirling. P. [54], [239] à [241].