Ensi par cel enghien fu li fors castiaux et la ville de Mauron gaegnie, et li bourgois de le ville pris et ranchonnet. Apriès fu prise ossi par enghien et soutilité le grosse ville que on clainme Villefranche, et fu toutte courue et robée. Depuis le fist li dis comtez remparer et regarnir et pourveir de tout chou qu’il y besongnoit, et y laissa un bon chevalier englès que on clammoit monseigneur Thomas Kok. Ensi chevauchoit li comtes Derbi le pays d’un lés et d’autre, et n’estoit nulx qui se mesist au devant. Et conqueroient ses gens villes et castiaux et prendoient gens et lez rançonnoient, et n’y avoit si petit en leur host qui ne fuist tous cargiés d’or et d’argent. Fº 85.
—Ms. de Rome: Ensi eut li contes Derbi la ville et le chastiel de la Riole et le pourvei et rafresci de gens d’armes et d’archiers et de pourveances, et i laissa messire Jehan de la Souce à chapitainne. Et puis s’en departirent les Englois et ceminèrent deviers Montpesas. Elle n’estoit fremée que de pallis. Si considerèrent chil qui dedens estoient, la poissance des Englois, et conment il avoient pris plus fortes villes que la lour ne fust vint fois. Si envoiièrent tretier deviers le conte Derbi, avant que il parvenist à la ville, et se rendirent, salves lors corps et lors biens. Et puis passèrent oultre, et vinrent devant Villefrance en Agenois; elle se rendi tantos. Fº 102.
P. [91], l. 18-19: voir [Sup. var.] (n. d. t.)
P. [91], l. 23: Baucestre.—Mss. A 1 à 6: Lancastre. Fº 124.—Mss. A 7, 11 à 14, 18 à 33: Lancestre. Fº 118 vº.
P. [91], l. 25: Mauron.—Mss. A 1 à 6, 30 à 33: Manron. Fº 124.—Ms. A 8: Marcion. Fº 112 vº.—Mss. A 15 à 17: Martron. Fº 125 vº.—Mss. A 18, 19: Mauion. Fº 126 vº.—Ms. B 6: Manton. Fº 267.
P. [92], l. 17: voir [Sup. var.] (n. d. t.)
P. [92], l. 25: quatre cens.—Ms. B 6: cinq cens. Fº 268.
P. [93], l. 20: cent.—Ms. B 6: soixante. Fº 268.
§ 234. P. [93], l. 29: Quant li contes.—Ms. d’Amiens: Apriès ce que li comtez Derbi eut fait se vollenté de Villefrance, il s’en ralla vers Miremont, en raprochant le chité de Bourdiaux, qui est ungs très fors castiaux et bien seant; si y fu trois jours devant; au quatrimme il se rendi. Si le prist li comtez et le donna à un sien escuier que on clammoit Jehan de Bristo. Apriès il prist le castiel que on claimme Thonis, et apriès le fort castiel de Damassen, et puis se traist deviers le chité d’Anghouloime et l’asega, mès elle fu assés tost rendue; si y mist dedens grant fuisson de gens d’armes et d’archiers, pour le garder, avoecq les bourgois. Quant li comtez eut ordonné de le chité d’Anghouloime che que bon l’en sambla, il se traist par devant Blaves qui est une très forte ville et où la rivière de Garonne l’enclot par derière. Si y basti et mist le siège par devant. Et y sist un grant temps et y fist livrer tamaint assault, mès peu y concquist; car la ville estoit forte et bien garnie et pourveue de bonnes gens d’armez. Et par especial, il y avoit deux chevaliers de Poito, vaillans hommez durement, que li roys de Franche y avoit envoiiés, monseigneur Guichart d’Angle et monseigneur Bouchikau, qui le gardèrent et deffendirent si bien avoecq leurs compaignons que il n’y prissent nul dammaige. Fº 85 vº.
—Ms. de Rome: Et puis s’en vinrent devant la ville de Blaves, laquelle pour lors estoit françoise, et sciet à sept lieuves l’aige de la Geronde de la cité priès de Bourdiaus, il n’i a que la rivière entre deus. Si bastirent là les Englois lor siège, et dissent que point ne s’en partiroient si l’auroient à lor volenté, se poisance de roi de France ne venoit si grande que il ne peuissent contrester à l’encontre. Tant furent les Englois devant Blaves que chil qui dedens estoient, se tanèrent, car il estoient asegiet par terre et par la rivière de la Geronde, laquelle bat et fiert as murs de la ville; si se tourna englesce, et se missent en l’obeisance dou roi d’Engleterre. Ensi eurent les Englois Blaves, dont il furent moult resjoy, car elle lor avoit porté moult de contraire et portoit encores tous les jours, jusques à tant que elle fu pour euls. Si i ordonna li contes Derbi, avant que il s’en partesist, bon chapitainne, gens d’armes et archiers pour le garder. Et puis ils et ses gens, petit à petit, rapasèrent as barges et à bastiaus la rivière de la Geronde et retournèrent à Bourdiaus, et là se tinrent et s’i rafresqirent. Et lor fu avis que, pour celle saison, il avoient assés fait, et se tenroient là, jusques à tant que il oroient aultres nouvelles. Si envoia li contes Derbi ses honmes par les garnisons, tant pour entendre as lieus remparer, que pour garder les frontières, et que nuls mauvais trettiés ne se fesist des villes et des castiaus que conquis avoient as François. Nous nos soufferons un petit à parler de euls, et parlerons d’aultres avenues qui avinrent en France et en Flandre. Fº 102 vº.