[71]Aymar de Poitiers, cinquième fils d’Aymar IV du nom, seigneur de Chalançon, puis de Veyne le 11 juillet 1345, ne fut pas tué, mais seulement fait prisonnier à Auberoche; et Jean, duc de Normandie, par lettres du 25 novembre 1345, confirmées le 31 décembre 1350, lui donna 300 livres tournois en récompense de ses services (Anselme, Hist, généal., t. II, p. 195). Hautecuer de Poitiers, auquel le duc de Normandie donna, par lettres datées «ès tentes devant Aiguillon, le 29 avril 1346» cent livres «pour soi remonter et armer» et qui fut aussi pris par les ennemis à Auberoche, appartenait sans doute à la même famille que Louis et Aymar de Poitiers.

[72]Sur cet énigmatique vicomte de Murendon qui aurait été tué à Auberoche, voyez le t. I de cette édition, p. CCXLV du sommaire, note 378. «Lo vescomte de Monredon» est mentionné dans une montre de 1376 parmi les parents de Gaston Phœbus, comte de Foix. V. Rôles de l’armée de Gaston Phœbus (1376-1378) publiés par P. Raymond, p. 40. Bordeaux, 1872, in-4º.

[73]Amauri IV, vicomte de Lautrec et seigneur d’Ambres, ne fut pas tué, mais seulement fait prisonnier; il n’avait pas encore recouvré sa liberté au mois de mai 1346; il perdit à Auberoche Pons, sous-sergent d’armes et prévôt de Réalmont, écuyer de sa suite. Il avait obtenu du roi de France dès le 28 novembre 1345 des lettres de sauvegarde. Dom Vaissète, Hist. de Languedoc, t. IV, p. 255.

CHAPITRE LV.

[74]Froissart voit, à tort, une seconde campagne de Derby là où il n’y eut en réalité que la continuation de la campagne inaugurée par ce capitaine en juillet 1345: c’est une conséquence de l’erreur qui lui a fait rapporter, d’après Jean le Bel, le commencement de la campagne à l’année 1344.

[75]Cf. Jean le Bel, Chroniques, t. II. chap. LXV, p. 29 à 33 et chap. LXVII, p. 40 à 43.

[76]Ce curieux passage, qui ne se trouve que dans la rédaction d’Amiens (p. 293), est une réfutation du chapitre LXV de Jean le Bel.

[77]Froissart se trompe. La chevauchée de Derby contre la Réole est postérieure au 8 octobre 1345, puisque dans des lettres qui portent cette date et par lesquelles Édouard III donne à Raymond Seguin la bladerie de la Réole, le roi anglais ajourne l’entrée en jouissance au moment où la Réole sera retombée entre les mains des Anglais (Arch. hist. de la Gironde, t. II, p. 419; Bertrandy, Études etc., p. 142).

[78]Derby n’eut pas à quitter Bordeaux, où il n’avait point passé ses quartiers d’hiver. La bataille d’Auberoche ayant été livrée le 21 octobre 1345, et la prise de la Réole par les Anglais étant antérieure au 26 janvier 1346, date d’une concession faite par Édouard III aux habitants de cette ville, la chevauchée contre la Réole dut suivre immédiatement l’affaire d’Auberoche. D’ailleurs, Robert d’Avesbury dit formellement que Derby, après sa victoire d’Auberoche, poursuivit sans discontinuer pendant tout l’hiver ses opérations militaires: «subsequenterque per totum yemem subsequentem ibidem se strenue gessit.» (Hist. de mirabilibus gestis Edwardi III, p. 122.) Froissart lui-même, en mentionnant le passage de Derby à Bergerac, rend tout à fait invraisemblable son départ de Bordeaux, tandis qu’au contraire Bergerac est sur le chemin d’Auberoche à la Réole.

[79]Lot-et-Garonne, ar. et c. Marmande, sur la rive droite de la Garonne, en amont de la Réole.