[90]Aujourd’hui Castelmoron-sur-Lot, Lot-et-Garonne, ar. Marmande. La rédaction de Rome (p. 310) ne mentionne pas cette prise de Castelmoron par Derby, racontée par Froissart d’après Jean le Bel qui l’attribue à une ruse d’Alexandre de Caumont. Quoiqu’en dise M. Ribadieu (Les campagnes du comte de Derby, p. 55, note 1), il y avait d’étroites relations entre Caumont et Castelmoron, comme le prouve une donation faite le 21 janvier 1339 par Jean, roi de Bohême, à Pierre de Galart, des biens que «... Arnaut de Cautrain, rebelles du roy nostre sire à Caumont, a ou puet avoir ou lieu de Chastiau Mauron.» Arch. nat., sect. hist., JJ63, fº 193, p. 247. D’après un registre des délibérations communales d’Agen, Castelmoron fut pris par les Anglais le 8 janvier 1347.

[91]Aujourd’hui Villefranche-du-Queyran, Lot-et-Garonne, ar. Nérac, c. Casteljaloux.

[92]«Quant li contes Derby, dit Froissart (p. [93]) eut fait sa volenté de Villefrance, il chevauça vers Miremont, en raproçant Bourdiaus.» Ces dernières expressions prouvent qu’il s’agit de Miramont, Lot-et-Garonne, ar. Marmande, c. Lauzun.

[93]Lot-et-Garonne, ar. Marmande.

[94]Lot-et-Garonne, ar. Nérac.

[95]Cette expédition de Derby en personne dans l’Angoumois à la fin de 1345 et au commencement de 1346, est une erreur historique où Froissart a été induit par la désignation chevaleresque et romanesque donnée par Jean le Bel à Agen que le chroniqueur liégeois (t. II, p. 42) appelle «la cité d’Agolem ou d’Agolent», sans doute en souvenir du siége fabuleux soutenu dans cette ville par le sarrazin Agolant contre Charlemagne (v. plus bas, p. XXIX, note [124]). Du reste la prise d’Agen en 1345 par Derby dans Jean le Bel n’est pas plus exacte que celle d’Angoulême dans Froissart. Il faut dire toutefois que ce dernier chroniqueur a pris soin de se corriger lui-même, en ne mentionnant pas ce siége et cette reddition imaginaires d’Angoulême dans la dernière rédaction de ses Chroniques, c’est-à-dire dans le texte de Rome (p. 311 à 313). Il appert de titres authentiques que le Limousin (Arch, nat., JJ76, p. 290), la Saintonge (Arch. nat., JJ76, p. 321, fº 195 et fº 166), notamment les châtellenies de Soubise et de Taillebourg (Arch. nat., JJ77, p. 34) et même le Poitou (Arch. nat., JJ77, p. 51) et l’Angoumois (Arch. nat., JJ75, p. 6), il appert, dis-je, de plusieurs titres authentiques que le Limousin, la Saintonge, le Poitou et l’Angoumois furent le théâtre d’escarmouches nombreuses et d’hostilités continuelles entre Français et Anglais pendant les derniers mois de 1345 et les premiers mois de 1346; mais il n’est nulle part question du siége et de la prise d’Angoulême par les Anglais. Dans tous les cas Derby, dont la présence à cette époque dans le Périgord, l’Agenais et le Bordelais est attestée par les documents les plus dignes de foi, ne put diriger en même temps, du moins en personne, les hostilités dans la Saintonge et l’Angoumois.

[96]Quoique la rédaction de Rome, en général plus exacte que les autres, mentionne la prise de Blaye par les Anglais (p. 311), il y a lieu de préférer ici par exception la version des deux premières redactions (p. 94 à 96, 311) et de Jean le Bel (Chroniques, t. II, p. 42). En effet, par un acte du 3 août 1348, signalé et publié par M. Bertrandy (Études, p. 231, note 1), Édouard III donne à Guillaume Sanche de Pomiers, en récompense de ses services, le lieu de Mountasetz (aujourd’hui Montanceix, Dordogne, ar. Périgueux, c. Saint-Astier, comm. Montrem), et cette concession doit durer: «... quamdiu locus de Blavia in rebellione nostra persteterit.» Bibl. nat., mss. Bréquigny, t. XXVIII, fº 239.

[97]Pierre Clari, et non Boucicaut, comme le dit Froissart (p. [95]), était capitaine de Mortagne le 23 septembre 1345, car à cette date il reçut de Jean Chauvel, trésorier des guerres, «... sur ses gages et de ses gens d’armes et de pié ou dit lieu, sous le gouvernement de M. l’evesque de Beauvez, lieutenant du roy ez parties de la Langue d’oc, Poitou, Xaintonge, Limousin et lieux voisins, cent vingt trois livres tournois. A Pons, 23 septembre 1345.» Bibl. nat., dép. des mss., Titres scellés de Clairambaul, au mot Clari. V. Bertrandy, Etudes etc., p. 101.

[98]Sans doute Mirebeau ou Mirebeau-en-Poitou, Vienne, ar. Poitiers. Par une charte inachevée et non datée, mais qui paraît être de la fin de 1345 par la place qu’elle occupe dans un registre du Trésor des Chartes où presque toutes les pièces remontent à cette date, Jean de Marigny, évêque de Beauvais, lieutenant du roi en Languedoc, Poitou, Saintonge et Limousin, accorde des priviléges aux habitants de Mirabel, en récompense de leur fidélité. Arch. nat., sect. hist., JJ74, p. 564.

[99]Aulnay ou Aulnay-de-Saintonge, Charente-Inférieure, ar. Saint-Jean-d’Angély. La résistance du château d’Aulnay est confirmée par des lettres de Philippe de Valois accordées le 16 février 1348 (n. st.) en faveur de Pons de Mortagne, vicomte d’Aulnay, pour la bonne garde et défense «... de son chastel d’Aunay, assis à trois lieues près de Saint Jehan d’Angely, lequel nos ennemis prendroient et assaudroient volontiers, et plusieurs fois se sont efforciez de prendre et assaillir.» Bibl. nat., dép. des mss., Parlement 12, fos 293 vº et 294. V. Bertrandy, Études, p. 233.