Prise, pillage et incendie de Barfleur[144], de Cherbourg[145], de Valognes[146], de Montebourg[147] et de Carentan[148]. P. [133] à [136], [360] à [364].
De Carentan, Édouard III se dirige vers Saint-Lô, mais avant d’y arriver, il fait halte trois jours sur le bord d’une rivière[149]. Prise, pillage et incendie de Saint-Lô, ville trois fois plus peuplée que Coutances, dont les habitants, au nombre de huit ou neuf mille, se livrent surtout à la fabrication des draps. De Saint-Lô, les Anglais se dirigent vers Caen[150]. P. [136] à [140], [364] à [370].
Caen est trois fois plus considérable que Saint-Lô et presque aussi important que Rouen[151]. Deux riches abbayes, Saint-Étienne[152] et la Trinité, sont aux deux extrémités de la ville dont le château[153] est un des plus beaux et des plus forts de toute la Normandie. Robert de Wargnies est capitaine de ce château, et il a sous ses ordres une garnison de trois cents Génois. La ville proprement dite est défendue par les bourgeois renforcés d’un certain nombre de gens d’armes, commandés par le comte d’Eu, connétable de France et le [sire[154]] de Tancarville. Au moment où Édouard III arrive devant Caen, sa flotte[155], qui n’a cessé de suivre tous les mouvements de l’armée de terre en côtoyant le rivage, vient jeter l’ancre à Ouistreham, havre situé à l’embouchure de la rivière d’Orne qui traverse Caen, à deux petites lieues de cette ville. P. [140] et [141], [370] à [372].
Le comte d’Eu et le [sire] de Tancarville sont d’avis d’évacuer une partie de la ville et de se retirer de l’autre côté de la Rivière[156], pour y attendre l’ennemi; mais l’impatience des bourgeois les force à marcher en avant et à offrir la bataille aux Anglais. L’action est à peine engagée que ces mêmes bourgeois, saisis de panique, se livrent à un sauve-qui-peut général[157]. Le comte d’Eu et le [sire] de Tancarville, impuissants à les retenir au combat, veulent défendre l’entrée du pont qui réunit deux parties de la ville séparées par la Rivière, mais ils sont bientôt obligés de se rendre avec vingt-cinq autres chevaliers à un seigneur anglais nommé Thomas de Holland. Édouard III, irrité de la perte de cinq cents[158] des siens qui viennent d’être tués à l’attaque de la ville, se dispose à mettre tout à feu et à sang pour les venger, lorsque Godefroi de Harcourt, dont il a fait le maréchal de son armée, réussit à l’en empêcher. Les Anglais occupent Caen pendant trois jours. Édouard III achète le comte d’Eu et le [sire] de Tancarville vingt mille nobles à Thomas de Holland, et charge le comte de Huntingdon[159], commandant de la flotte ancrée à Ouistreham, de conduire ces deux seigneurs en Angleterre, ainsi que soixante chevaliers et trois cents riches bourgeois faits aussi prisonniers à la prise de Caen. P. [141] à [147], [372] à [379].
Une fois maître de Caen, Édouard III poursuit sa marche victorieuse[160] dans la direction[161] d’Évreux et de Rouen[162]. Prise, pillage, incendie de Louviers, de Vernon, de Verneuil, de Pont de l’Arche et de tout le pays environnant par les Anglais. P. [148] et [149], [379] à [382].
CHAPITRE LIX.
1346, 14-25 AOÛT. ÉDOUARD III DANS L’ÎLE DE FRANCE, LA PICARDIE, LE VIMEU ET LE PONTHIEU; PRÉLIMINAIRES DE LA BATAILLE DE CRÉCY[163] (§§ [263] à [273]).
Édouard III arrive à Poissy[164] dont le pont a été rompu par les Français. Incendie de Saint-Germain-en-Laye, de Montjoie[165], de Saint-Cloud, de Boulogne, de Bourg-la-Reine, par les Anglais.—Frayeur et murmures des Parisiens: Philippe de Valois se rend à Saint-Denis à la tête d’une puissante armée, tandis qu’Édouard III se tient à Poissy où il célèbre solennellement la fête de l’Assomption. P. [149] et [150], [382] à [384].
Rencontre entre l’avant-garde de l’armée anglaise commandée par Godefroi de Harcourt et des gens d’armes de la Commune d’Amiens[166] qui se rendent à Paris pour obéir au mandement de Philippe de Valois; les Amiénois sont mis en déroute. Départ de Poissy[167] et chevauchée des Anglais à travers le Beauvaisis: incendie de l’abbaye de Saint-Lucien[168] de Beauvais, malgré la défense expresse d’Édouard III; halte à Milly[169]; incendie des faubourgs de Beauvais après un assaut infructueux tenté contre cette ville défendue par son évêque[170]; halte à Grandvilliers[171]; prise et incendie de Dargies[172] et de Poix[173]; arrivée des Anglais à Airaines[174].—Sur ces entrefaites, Philippe de Valois, parti de Saint-Denis à la poursuite des Anglais, fait une halte à [Coppegueule[175]], à trois lieues d’Amiens, pour attendre ses gens d’armes qui de toutes parts accourent le rejoindre. P. [150] à [155], [384] à [388].
Pendant que le roi d’Angleterre se tient à Airaines, il envoie l’avant-garde de son armée, sous les ordres du comte de Warwick et de Godefroi de Harcourt, tenter le passage de la Somme à Longpré[176], à Pont-Remy[177], à Fontaine-sur-Somme[178], à Long-en-Ponthieu[179] et à Picquigny[180]. Repoussés sur tous ces points par les Français qu’ils trouvent partout en force pour garder les ponts et défendre le passage de la rivière, les coureurs anglais retournent à Airaines.—Ce même soir, le roi de France vient coucher à Amiens[181] à la tête d’une armée de plus de cent mille hommes. P. [155] et [156], [388] à [390].