Qant mesires Jehans de Viane fu venus en Calais, et il ot veu et consideré le siège et conment les Englois estoient amasé, ensi que pour demorer vint ou trente ans là devant au siège, et il ot fait viseter la poisance des vivres qui estoient en la ville, il en fist un jour widier et partir plus de vint sept cens honmes, fenmes et enfans, pour alegerir la ville. Qant chils peuples issi hors premierement de Calais, tous en blans qamises, et portaient confanons de moustiers en signe de humelité, auquns Englois quidièrent, qant il les veirent issir, que il les venissent courir sus. Si se assamblèrent à l’encontre de euls les archiers, et les fissent requler jusques ens ès fossés de la ville. Là i ot entre ces Englois, auquns preudonmes piteus, qui congneurent tantos que ce n’estoient pas gens pour faire nul contraire. Si fissent cesser les aultres de euls courir sus, et lor demandèrent où il aloient. Il respondirent que on les avoit bouté hors de Calais, pour tant que il cargoient trop la ville et le foulloient de vivres et en aloient ailleurs à l’aventure querir lor mieuls, ensi que povres gens qui avoient tout perdu sans nul recouvrier.

Ces nouvelles vinrent au roi d’Engleterre et as signeurs que chils povres peuples de Calais estoit là ensi à merchi. Li rois, meus en pité, les fist entrer en l’oost, et conmanda que tout et toutes fuissent bien disné; il le furent. Avoecques tout ce, au departir et issir de l’hoost, il fist à casqun, grant et petit, donner et delivrer un estrelin d’Engleterre. Et depuis ces povres gens se departirent et s’espardirent, pour avoir lor vivre et lor cavance. Par ces gens orent la congnisance li rois d’Engleterre et ses consauls, que li vivres afoiblissoient grandement en la ville de Calais: si n’en furent pas courouchiet. Or retournons au duch de Normendie et au siège qui se tenoit devant Agillon. Fos 124 vº et 125.

P. [1], l. 1 et 2: uns gentilz et vaillans chevaliers de Campagne as armes.—Mss. A 1 à 6: un gentil chevalier de Champaigne vaillant aux armes. Fº 152.—Mss. A 7 à 10: un gentil et vaillant chevalier de Champaigne aux armes. Fº 136.—Mss. A 11 à 14: ung chevalier de Champaigne vaillant aux armes. Fos 144 vº et 145.—Mss. A 15 à 17: un gentil et vaillant chevalier de Champaingne aux armes. Fº 151 vº.—Mss. A 20 à 22: ung vaillant et hardy chevalier. Fº 217 vº.—Mss. A 23 à 29: ung chevalier de Champaigne. Fº 169 vº.—Mss. A 30 à 33: ung chevalier de Bourgoigne. Fº 190 vº.—Ms. B 3: ung vaillant gentilhomme chevalier du pais de Champaigne. Fº 135 vº.

P. [1], l. 5 et 6: d’Audrehen.—Mss. A 11 à 14: d’Autrehen. Fº 145.

P. [1], l. 7: de le Motte.—Mss. A 30 à 33: de la Mente. Fº 190 vº.

P. [1], l. 8: Were.—Mss. A 1 à 19: Werie. Fº 152.—Mss. A 20 à 22, 30 à 33: Verre. Fº 169 vº.

P. [1], l. 16: Nulais.—Mss. A 1 à 6, 11 à 19, B 3: Milais. Fº 152.—Mss. A 20 à 22: Mullais. Fº 218.—Mss. A 23 à 29: Calays. Fº 169 vº.—Mss. A 30 à 33: Calaiz. Fº 190 vº.

P. [2], l. 3 et 4: d’estrain et de genestres.—Ms. B 6: d’estrain ou de bauque. Fº 343.

P. [2], l. 4 et 5: dix ans ou douze.—Ms. B 6: quarante ans. Fº 343.

P. [2], l. 12 et 13: necessités.—Le ms. B 6 ajoute: tavernes de toutes manières de vins osy bien que che fust à Londres. Fº 343.