§ [310]. P. [51], l. 25: Entrues.—Ms. d’Amiens: Quant il (le roi Philippe) vi qu’il n’en aroit autre cose, il se parti de là et compta le ville de Callais pour perdue, et se retraist à Arras et donna touttes mannierrez de gens d’armez congiet, et laissa chiaux de Callais finner au mieux qu’il peurent. Fº 98.

Ms. de Rome: Entrues que li rois de France estoit sur le mont de Sangates, et que il estudioit conment et par quel tour il poroit combatre les Englois qui fortefiiet estoient, ensi que ichi desus vous avés oy recorder, vinrent doi cardinal en son hoost, le cardinal d’Espagne, uns moult vaillans et sages homs, et li cardinauls d’Oten, envoiiés là en legation de par le pape Clement, qui resgnoit pour ce temps. Cil doi cardinal, ensi que il estoient cargiet, se missent tantos en grant painne d’aler de l’une hoost en l’autre; et volentiers euissent veu par lors promotions que li rois d’Engleterre euist brisiet son siège, laquelle cose il n’euist jamais fait. Toutes fois il parlementèrent tant et alèrent de l’un à l’autre que, sus certains articles et trettiés d’acord et de paix, ils procurèrent que uns respis fu pris entre ces deus rois et lors gens là estans au siège et sus les camps, à durer tant seullement trois jours. Et furent ordonné [par] euls, huit nobles signeurs, quatre de par le roi de France, et quatre de par le roi d’Engleterre: de par le roi de France, li dus Oedes de Bourgongne, li dus Pières de Bourbon, messires Jehans de Hainnau et mesires Lois de Savoie; et dou costé les Englois, li contes Derbi, li contes de Norhantonne, messires Renauls de Gobehen, et messires Gautiers de Mauni. Et li doi cardinal estoient traitieur et moiien et alant de l’un à l’autre. Si furent chil signeur, les trois jours durans, la grignour partie dou jour en conclave ensamble, et missent pluisseurs devises et pareçons avant, des quelles nulles ne vinrent à effet.

Entrues que on parlementoit et le respit durant, li rois d’Engleterre faisoit toutdis efforcier son hoost et faire grans fossés sus les dunes, par quoi li François ne les peuissent sousprendre. Et sachiés que chils parlemens et detriemens anoioit durement à ceuls de Calais, qui volentiers euissent veu plus tos lor delivrance, car on les faisoit trop juner. Chil troi jour se passèrent sans paix et sans acord, car li rois d’Engleterre tenoit tout dis son opinion et metoit en termes que point ne se delairoit que il ne fust sires de Calais, et li rois de France voloit que elle li demorast. En cel estri se departirent les parties, ne li cardinal ne les peurent puis rasambler, liquel, qant il veirent ce que on ne voloit entendre à euls, il se departirent et retournèrent à Saint Omer.

Qant li rois Phelippes vei ce que perdre li couvenoit Calais, si fu durement courouchiés: à envis le laisoit perdre. Et, tout consideré, ils ne ses gens n’i savoient conment aidier ne adrechier; car de aler de fait sus l’oost le roi d’Engleterre, c’estoit cose imposible, pour les grans marescages qui sont tout autour de Calais et la mer qui estoit fort gardée. Avisé fu et proposé en l’oost de France que il retourneroient à Saint Omer et venroient dou costé de Berghes et de Bourbourch; mais qant il regardoient le pasage de Gravelines et les destrois et mauvais et perilleus passages que il aueroient à passer, et conment bien soissante mille Flamens gisoient de ce lés devant Calais, il rompoient et anulioient lors imaginations et disoient: «Toutes nostres pensées sont vainnes. Il nous fault perdre Calais. Mieuls nous vault une ville à perdre que de mettre en peril euls cent mille. Se nous le perdons celle fois, une aultre fois le porons nous bien recouvrer. Il n’est aventure qui n’aviegne. On en a petitement songniet dou temps passé, car on le deuist avoir pourveue pour tenir dis ans ou vint, selonch la force dont elle est et la belle garde, ou on le deuist avoir abatue et mise tout par terre; car avant que on le puist ravoir, elle fera mouit de mauls au roiaulme de France.»

Ensi se devisoient et parloient li François, qant il veirent que li trettié furent falli, et li cardinal retournet à Saint Omer. Un jour, il fu ordonné au departir et au deslogier de là, et de retraire casqun là où mieuls li plaisoit. Si se deslogièrent un matin, et montèrent li signeur sus lors cevaus; et varlès demorèrent encores derrière, qui entendirent au requellier tentes et trefs et à tourser et à mettre à charoi et à voiture. Là i ot des vitalliers de l’oost pluisseurs atrapés qui perdirent chevaus et pourveances, car Englois sallirent hors de l’ost pour gaegnier. Si prissent des prisonniers et conquissent des chevaus et des sonmiers, des vins et des pourveances, et tout ramenèrent en l’ost devant Calais. Et li signeur de France et li François retournèrent en lors lieus. Fº 141 vº.

P. [51], l. 25: Entrues.—Ms. A 7: Entrementières. Fº 157 vº.

P. [52], l. 6: tant.—Ms. B 6: qu’il otriast une triève trois jours. Fº 395.

P. [52], l. 8 et 9: misent... ensamble.—Mss. A 2 à 6, 11 à 14, 18, 19: ordonnèrent des deux parties quatre seigneurs ensemble.

P. [52], l. 11: furent.—Ms. B 6: le duc de Bourbon, messire Jehan de Haynau, le sire de Biaugeu et messire Jofroy de Cargny. Fº 395.

P. [52], l. 19: pareçons.—Ms. A 7: parechons. Fº 158.