P. [65], l. 28: Saint Omer.—Ms. B 6: Et en Flandres et en Artois et en Boulenois et aultre part. Les aucuns les plaindoient et les autres non, car en devant le siège le ville de Calais avoit le renommée de tous cheulx qui le congnoissoient et antoient, que c’estoit l’eune des villes du monde le plus plaine de pechiés, où le plus de roberies et de choses mal acquises demoroient et convertisoient. Sy disoient les aulcuns qui les congnoissoient que Dieu les avoit paiiet seloncq leur deserte, car à paine povoient nulz gens aller par mer, s’il n’estoient trop bien acompaigniés, qui passoient devant le havre qu’il ne fussent mourdris ou desrobés. Et pour che les haioit le roy englès. Fº 408.

P. [66], l. 4: Boulongne.—Les mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18 à 22 ajoutent: son cousin. Fº 171.

P. [66], l. 5: legation.—Ms. B 6: Tant alèrent (les deux cardinaux) de l’un à l’autre que unes trièvez furent prisez entre les deux rois et leur gens, et devoit durer jusques à le Saint Jehan Baptiste qui seroit l’an de grace mil trois cens quarante huit. Fº 409.

P. [66], l. 10: l’autre.—Ms. A 29: Quant la dame eut esté un mois en gesine en la ville de Calais.

P. [66], l. 21 et 22: quatre cens.—Mss. A 1 à 14, 18 à 33: trois cens. Fº 171 vº.

P. [66], l. 24: si grandes.—Ms. A 29: que plusieurs beaux et bons mesnages s’y vindrent amasser voulontiers.

§ [315]. P. [67], l. 12: Toute.—Ms. de Rome: Quoi que les trieuves fuissent bien tenues entre le roi de France et le roi d’Engleterre, tant que de lors personnes et de ceuls où lors poissances et semonces et conmandemens se pooient estendre, se conmençoient jà à courir pluisseurs enventureus brigans et pillars ens ès lontainnes marces de France, ens ès lieus où il sentoient les chevaliers foibles et non fait de la guerre, et prendoient lors villes et lors castiaus; car il se quelloient ensamble une qantité de tels gens d’armes, alemans ou autres, qui sus l’ombre de la guerre faisoient lors fais et lors emprises, et ne lor aloit nuls au devant. Et voloient bien li auqun dire que il estoient porté couvertement et souffert des officiiers dou roi et des chevaliers et esquiers dou pais où il conversoient, et que chil estoient participant à lors butins et pillages. Dont je vous di que, depuis toutes tels coses et apertises d’armes, furent, parmi le roiaulme de France, escoles de toutes iniquités et mauvestés; car trop fort se moutepliièrent, par le laisseur et amplèce que il orent de conmencement, ensi que vous orés recorder avant en l’istore.

Il i eut un brigant pillart, et croi que il fu alemans, qui trop fort resgna en Limosin et en la Lange d’Oc, lequel on nonmoit Bacon. Chils avoit aultres brigans desous lui, et le tenoient à mestre et à capitainne, pour tant que il estoit le pieur de tous les aultres et li plus outrageus, et bien les paioit de mois en mois, et fu trop malement apers et soubtieus à embler et esqieler villes et forterèces. Et cevauçoient, tels fois estoit, ils et ses compagnons, vint ou trente lieues de nuit par voies couvertes, et venoient, sus le point de un ajournement, là où il voloient estre, et esqielloient le lieu où il avoient jeté et asis leur visée; et qant il estoient dedens une ville, ils boutoient le feu en cinq ou en siis maisons. Les gens de celi ville estoient esbahi et gerpisoient tout et s’enfuioient. Et chil pillart ronpoient cofres et escrins et prendoient ce que de bon il trouvoient dedens, et aussi des plus rices honmes à prisonniers, et les rançonnoient. Et vendoient les villes que pris avoient as honmes dou pais et à ceuls meismes lesquels boutés hors il en avoient, et en prendoient grant argent, selonch ce que il se pooient composer. Et par tels cas asamblèrent chil pillart trop malement grant finance. Et prist chils Bacons la ville de Dousenach en Limosin et le pilla toute, et encores le vendi ilss en deniers apparilliés, qant il s’en departi, diis mille esqus.

Apriès, chils Bacons et ses gens prisent le ville et le chastiel de Comborne et le visconte et la contesse et lors enfans dedens, et les rançonna à vingt quatre mille esqus et retint le chastiel et trouva cautelle et action de guerrier le pais, pour tant que chils viscontes de Comborne s’estoit armés pour la contesse de Montfort, car chils Bacons estoit de la partie à la fenme mesire Carle de Blois. En la fin il vendi le chastiel au roi de France, et en ot en deniers tous apparilliés vingt quatre [mille] esqus, mais on les fist paiier le plat pais. Et fist chils viscontes de Conbourne sa paix au roi de France. Et li rois volt avoir ce Bacon dalés li, et fu wisiers d’armes dou roi et bien en la grace dou roi Phelippe et dou roi Jehan, et tous jours bien montés de coursiers, de roncins et de hagenées; et avoit assés grant finance d’or et d’argent, et demora en bon estat tant que il vesqui. Fº 146.

P. [67], l. 30 et 31: gaegnoient.—Ms. B 3: pauvres gens de guerre et brigans. Fº 151 vº.