[92] Le pays de Laleu, au diocèse d’Arras, était situé à peu près au point de jonction de ce diocèse avec ceux de Saint-Omer, d’Ypres et de Tournai.
[93] Philippe de Valois et son fils Jean passèrent à Arras la plus grande partie du mois de juin (JJ68, p. 170, 300, 323); le roi de France était à Hesdin à la fin de ce mois (JJ68, p. 335).
[94] Le roi de France reçut sans doute à Arras l’admirable lettre que lui adressa Jean de Vienne dans le courant du mois de juin 1347. Les Anglais interceptèrent une copie de cette lettre le 26 juin, et voici dans quelles circonstances. Le lendemain de la Saint-Jean (25 juin 1347), les comtes de Northampton et de Pembroke surprirent, à la hauteur du Crotoy, une flotte de quarante-quatre vaisseaux français envoyés pour ravitailler Calais et la mirent en déroute. Le 26, à l’aube du jour, les Anglais s’emparèrent d’une embarcation, montée par des Génois, qui essayait de sortir du port du Crotoy. Le Génois qui commandait cette embarcation, n’eut que le temps de jeter à la mer, attachée à une hache, une lettre très-importante adressée par Jean de Vienne, capitaine de Calais, au roi de France, pour lui exposer sa détresse et celle des habitants de Calais; on la retrouva à marée basse. «Sachiés, disait Jean de Vienne, que ly n’ad rieus qui ne soit tut mangé et lez chiens et les chates et lez chivaux si qe de vivere nous ne poions pluis trover en la ville si nous ne mangeons chars des gentz, qar autrefoiz vous avez escript que jeo tendroy la ville taunt que y aueroit à mangier; sy sumes à ces points qe nous n’avoms dount pluis vivere. Si avons pris accord entre nous que, si n’avoms en brief socour, que nous issiroms hors de la ville toutz à champs pour combatre, pour vivre ou pour morir, qar nous avoms meulz à morir as champs honourablement que manger l’un l’autre.» (Robert de Avesbury, Hist. Ed. III, p. 157 et 158.) Si l’on songe que ces lignes étaient écrites dès le mois de juin et que Calais se rendit seulement le 3 août, on ne saurait trop admirer la résistance vraiment héroïque de Jean de Vienne, de la garnison et des bourgeois de Calais.
[95] Philippe de Valois s’arrêta en effet assez longtemps à Hesdin (auj. Vieil-Hesdin, Pas-de-Calais, arr. Saint-Pol-sur-Ternoise, c. le Parcq); car, arrivé dans cette ville dès la fin de juin (JJ68, p. 335), il y était encore le 10 juillet (JJ68, p. 321), il campa ensuite près d’Auchy (auj. Auchy-lès-Hesdin, au nord-est de Hesdin; JJ68, p. 337), et il était devant la Coupele (auj. Coupelle-vieille, Pas-de-Calais, arr. Montreuil-sur-Mer, c. Fruges, entre Hesdin au nord et Fauquembergue an sud) les 17 et 18 juillet (JJ68, p. 288 et 289).
[96] Auj. Blangy-sur-Ternoise, Pas-de-Calais, arr. Saint-Pol-sur-Ternoise, c. le Parcq.
[97] Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer. Philippe de Valois était campé près de Fauquembergue le 20 juillet (JJ68, p. 316).
[98] Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Aire-sur-la-Lys.
[99] Alquines est aujourd’hui un village du Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Lumbres. Froissait se sert, en plusieurs passages de ses Chroniques, du mot Alequine pour désigner l’ancien pays des Morins. Philippe de Valois était près d’Ausques (auj. Nordausques, Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Ardres, sur la voie romaine de Leulingue, au nord-ouest de Saint-Omer et au sud-est de Guines), le 24 juillet (JJ68, p. 299^2 et 310), le même jour entre Ausques et Tournehem (JJ68, p. 299^2), enfin près de Guines (Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer, à trois lieues environ au sud de Calais) le 26 juillet (JJ68, p. 261).
[100] Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer, c. Calais, à 10 kil. de cette ville. Ce que Froissart appelle le mont de Sangatte est une falaise haute de 134 mètres, située entre la mer et de vastes marécages, aujourd’hui desséchés en partie. Puisque Philippe de Valois était encore à Guines le 26, il ne put arriver à Sangatte que le vendredi 27 juillet au plus tôt: c’est du reste la date donnée par Édouard III lui-même dans une lettre rapportée par Robert de Avesbury: «ceo darrein vendredy proschein devant le goul d’aust.» Hist. Ed. III, p. 163.
[101] Froissart veut sans doute désigner ici l’antique voie de communication, marquée sur la carte de Cassini comme Chemin de Leulingue, ancienne route des Romains, qui aboutit à Sangatte et dont une prolongation va tout droit, comme dit le chroniqueur, de Sangatte à Calais.