P. [115], l. 15 à 24: estre.... Paris.—Mss. A 8, 9, 15 à 17, 20 à 22: tous prests et ordonnez entre la porte Saint Honnouré et la porte Saint Anthoine tellement que, à heure de mienuit, Anglois et Navarrois devoient tous d’une sorte y venir si pourveus que pour courir et destruire Paris, et les devoient trouver toutes ouvertes. Et ne devoient les dis coureurs deporter homme ne femme, de quelque conversacion qu’ilz feussent, mais tous mettre à l’espée, exceptez aucuns que les ennemis devoient congnoistre par les signes qui seroient mis à leurs huis et fenestres. Fo 188.
P. [115], l. 21 à 23: de quel.... cognoistre.—Mss. A 2, 11 à 14, 18, 19: de quelque estat qu’il feussent, mais tout mettre à l’espée où un signe que les amis avoient (Mss. A 18, 19: devoient congnoistre) entre eulx....
P. [115], l. 25: que ce devoit avenir.—Mss. A 18, 19: que Dieu ne voult ceste chose avenir.
P. [115], l. 25: espira.—Mss. A: inspira.
P. [115], l. 26: esvilla.—Ms. B 6: resvilla. Fo 577.
P. [115], l. 27 et 28 à p. 118, l. 20: Normendie.... recorder.—Mss. A 8, 9, 15 à 17, 20 à 22: desquelz messire Pepin des Essars et messire Jehan de Charny se faisoient chiefs. Et furent yceulx par inspiracion divine, ainsy le doit on supposer, enformez que Paris devoit estre courue et destruite. Tantost ilz s’armèrent et firent armer tous ceulx de leur costé, et revelèrent secretement ces nouvelles en pluseurs lieux, pour avoir plus de confortans.
Or s’en vint le dit messire Pepin et pluseurs autres, bien pourveus d’armeures et de bons compaignons. Et prist le dit messire Pepin la banière de France, en criant: «Au roy et au duc!» Et les suivoit le peuple. Et vindrent à la porte Saint Anthoine où ilz trouvèrent le prevost des marchans qui tenoit les clefs de la porte en ses mains.
Là estoit Jehan Maillart qui, pour ce jour, avoit eu debat au prevost des marchans et à Josseran de Mascon et s’estoit mis avecques ceulx de la partie du duc de Normandie. Et illecques fut le dit prevost des marchans forment arguez, assaillis et deboutez. Et y avoit si grant noise et criée du peuple qui là estoit, que l’en ne pouvoit riens entendre. Et disoient: «A mort, à mort, tuez, tuez ce prevost des marchans et ses aliez, car ilz sont traitres!»
Là ot entr’eulx grant hutin. Et le prevost des marchans, qui estoit sur les degrez de la bastide Saint Anthoine, s’en feust voulentiers fuy, s’il eust peu; mais il fu si hastez que il ne pot. Car messire Jehan de Charny le feri d’une hache en la teste et l’abati à terre; et puis fut feru de maistre Pierre Fouace et autres qui ne le laissièrent jusques à tant que il fut occis et six de ceulx qui estoient de sa secte, entre lesquelz estoient Phelippe Gaiffart, Jehan de Lisle, Jehan Poiret, Simon le Paonnier et Gille Marcel. Et pluseurs autres traitres furent pris et envoiez en prison. Et puis commencèrent à courir et à cerchier parmi les rues de Paris, et mirent la ville en bonne ordenance, et firent grant gait toute nuit.
Vous devez savoir que, sitost que le prevost des marchans et les autres dessus nommez furent mors et pris, ainsi que vous avez oy, et fut le mardi derrenier jour de juillet l’an mil trois cens cinquante huit, après disner, messages partirent de Paris très hastivement pour porter ces nouvelles à monseigneur le duc de Normendie qui estoit à Meaulx, lequel en fut très grandement resjoui, et non sans cause. Si se ordonna pour venir à Paris. Mais avant sa venue, Josseran de Mascon, qui estoit tresorier du roy de Navarre, et Charles Toussac, eschevin de Paris, lesquelz avoient esté prins avecques les autres, furent excecutez et orent les testes copées en la place de Grève, pour ce qu’ilz estoient traitres et de la secte du prevost des marchans. Et le corps du dit prevost et de ceulx qui avecques lui avoient esté tuez, furent atrainez en la court de l’eglise de Sainte Katherine du Val des Escolliers. Et, tous nuz, ainsi qu’ilz estoient, furent estendus devant la croix de la dicte court où ilz furent longuement, afin que chascun les peust veoir qui veoir les vouldroit, et après furent gettez en la rivière de Saine.