P. [147], l. 4: recreans.—Ms. A: recreus. Ms. A 7, fo 205.

P. [148], l. 2: Graville.—Ms. A 7: Gauville. Fo 205 vo.

P. [148], l. 3: combatre.—Le ms. A 17 ajoute: nonobstant que les François estoient six contre un, qui faisoit bien à ressongner, car c’est grant chose de veoir six loups sur une brebis.

§ [435]. P. [148], l. 4: Onques li François.—Ms. d’Amiens: Oncques si tost li Franchois ne peurent venir que li Navarois ne fuissent bien ordounné et mis en trois batailles, tous leurs archiers devant yaux, et chacuns seigneurs devant se bannière et se pennon. Quant li baron et li chevalier de Franche en virent le couvenant, si s’arestèrent enmy les camps et puis se missent tout à piet, et s’avisèrent qu’il attenderoient le remannant de leur host, ainschois qu’il alaissent combattre les Navarrois. Si le fissent, mès nonpourquant n’atendirent il mies à faire leurs batailles, et en firent jusques à trois bien estoffées et bien ordounnées, et partirent leurs bannierres et leurs pennons par droite ordounnanche d’armes. Et ordounnèrent et estaublirent chiaux qui premierement yroient assaillir à cheval, pour rompre les archiers: de quoy messires Bauduins d’Ennekins, messires Oudars de Renti, messires Loeys de Haveskierkes, messires Rogiers de Couloingne, messires Anthonnes de Kodun, li sires de Vendoeil, li sires de Saintpi et aucun autre chevalier et escuier y estoient ordonné, et toudis venoient leurs gens de piet.

Si estoit jà haulte nonne, ainschois qu’il fuissent tout venu, et n’avoient encorrez beu ne mengiet. Dont se traissent li seigneur enssamble à consseil, et regardèrent que li jour estoit jà moult avant, et une partie de leurs gens lasset et hodet. Se ne seroit pas bon, che disoient li plus saige et mieux congnissant as armes, que on les allast assaillir, car il estoient reposé et en plache assés forte dont il avoient l’avantaige; et si moustroient li Navarois qu’il ne se partiroient point de là sans combattre. Si fu conssilliet que on se logeroit droit devant yaux, et lairoit on reposer les lassés, et à l’endemain on les combateroit. Enssi qu’il fu ordounné et devisé, il fu fait; on coummanda à logier et à arouter tout leur caroi au devant des ennemis.

Quant li Navarois, qui estoient à Toregny, virent ce couvenant, si furent tout liet. Si se conssillièrent entre yaux que, en l’estat où il estoient il se tenroient jusquez soleil esconssant, fors tant qu’il mousteroient ossi par samblanche qu’il se voroient logier; mès tantost, à heure de soleil esconssant, il monteroient à cheval et se partiroient, et passeroient le Somme à Vremans. Et se li Franchois les sieuwoient de rechief, il prenderoient nouvel avantaige; et s’il n’estoient poursui, il aroient celle nuit d’avantaige, seloncq ce qu’il sont priès de leurs garnisons et des grans bos de Tierrasse, il seroient tantost mis à sauveté. Fo 114.

P. [148], l. 9: le couvenant.—Mss. A 8, 9: leur couvine.

P. [148], l. 19 à 23: Chiz.... d’yaus.—Ms. A 29: Ainsi se conclurent ensemble le connestable de France et le conte de Sainct Pol avec leurs compagnons, de combatre l’endemain les Navarroys; et se logèrent illec sur un champ un petit en pendant, auprès duquel court une eaue qui celle nuit fit grand bien, par especial à leurs chevaux.

P. [148], l. 23: anuitit.—Ms. A 7: anuitié. Fo 205 vo.

§ [436]. P. [149], l. 4: Tout ensi.—Ms. d’Amiens: Tout ensi qu’il devisèrent, il fissent; et envoiièrent leurs varlès faire pluisseurs feux et moustrer qu’il volsissent appareillier le cuisinne. Et tout ce veoient li Franchois qui ossi entendoient à yaux logier et leurs chevaux, et disoient entre yaux: «Il se logent, il nous atenderont meshui, et demain lez combaterons.» Quant ce vint à heure de soleil esconssant, il recenglèrent lors cevaux et fissent petit à petit partir lez plus foiblement montéz; et droit à jour fallant, tout furent parti, et chevauchièrent delivrement pour venir passer le rivierre de Somme à Vermans.