[18] Le rédacteur des Grandes Chroniques (t. VI, p. 32) et le héraut Chandos, dans son poëme sur la bataille de Poitiers publié par M. Coxe (p. 72 à 82, vers 1046 à 1189), indiquent aussi cet ordre de bataille.

[19] Eustache de Ribemont est ce chevalier auquel Édouard III avait décerné le chapelet de bravoure à la suite du combat livré sous les murs de Calais, dans la nuit du 31 décembre 1349 au 1er janvier 1350. (t. IV de cette édition, sommaire, p. XXXIII et XXXIV). Il fut tué à Poitiers ainsi que Jean de Landas et Guichard de Beaujeu; Guichard d’Angle fut grièvement blessé.

[20] L’incontestable supériorité militaire des Anglais au quatorzième siècle résidait surtout dans l’adresse, le bon outillage et la proportion numérique de leurs archers par rapport au reste de leurs troupes. Dès le 30 janvier 1356, Édouard III mandait à ses vicomtes de faire fabriquer 5600 arcs blancs et 11400 gerbes de flèches dont moitié devra être prête et rendue à la Tour de Londres à Pâques (24 avril) et l’autre moitié dans la quinzaine de la Trinité (1re quinzaine de juin) 1356. Rymer, vol. III, p. 322.

[21] Le héraut Chandos passe sous silence cet incident, mais il rapporte (p. 88, v. 1280 à 1299) l’altercation qui s’éleva entre Jean de Clermont, partisan de l’immobilité, et Arnoul d’Audrehem qui assurait que les Anglais essayaient de fuir et voulait les attaquer. «La pointe de votre lance ne viendra pas au cul de mon cheval,» avait dit Jean de Clermont impatienté. Le brave maréchal se fit tuer, en effet, au premier choc.

[22] En février 1361, le châtelain d’Emposte (Amposta, Catalogne, prov. Lerida) était Jean Ferdinand de Heredia, grand prieur de Saint-Gilles, qui fut chargé par le pape Innocent VI de traiter avec les brigands des Compagnies maîtres du Pont-Saint-Esprit. Dom Vaissette, Hist. du Languedoc, t. IV, p. 311, 576 et 577.

[23] Le témoignage du héraut Chandos vient confirmer celui de Froissart relativement à l’ordre de bataille de l’armée anglaise (p. 82 à 86, v. 1200 à 1259). Seulement, d’après Chandos, cette armée fut attaquée sur ses derrières au moment même où elle se mettait en mesure de passer le Miausson et où l’avant-garde, commandée par le comte de Warwick, était déjà de l’autre côté de cette rivière. Les passages suivants, qui mettent ce fait hors de doute, doivent être cités textuellement. Le prince de Galles dit au comte de Warwick:

Primers, passerés le passage

Et garderés nostre cariage,

Je chevacherai après vous (v. 1222 à 1224).

Et plus loin: