Mort de Henri, duc de Lancastre[142]. Ce duc laisse deux filles, l’aînée, Mathilde, mariée au comte Guillaume de Hainaut, et la jeune Blanche, à Jean, comte de Richmond, fils d’Édouard III, qui devient duc de Lancastre du chef de sa femme.—Mort de Philippe, dit de Rouvre, duc de Bourgogne[143], marié à la jeune Marguerite, fille de Louis, comte de Flandre. Marguerite[144], mère du comte de Flandre, succède à Philippe, son petit neveu, dans la possession des comtés d’Artois et de Bourgogne. Jean de Boulogne a pour sa part les comtés d’Auvergne et de Boulogne[145]. Enfin, Jean, roi de France, hérite à titre de plus proche parent[146], du duché de Bourgogne, au grand déplaisir du roi de Navarre[147] qui prétend avoir des droits sur cette succession ainsi que sur la Champagne et la Brie. P. [76], [77], [271] et [272].
Le roi de France entreprend de visiter son nouveau duché[148] et d’aller voir le pape à Avignon; il part de Paris vers la Saint-Jean-Baptiste 1362[149], après avoir nommé Charles son fils aîné régent pendant son absence, et arrive à Avignon aux approches de Noël suivant[150]. Innocent VI meurt sur ces entrefaites[151]. Les cardinaux de Boulogne et de Périgord se disputent les voix du conclave. Ne pouvant réunir la majorité, parce qu’ils se tiennent en échec l’un l’autre, ils prennent le parti de faire élire un simple moine, abbé de Saint-Victor de Marseille, qui devient pape sous le nom d’Urbain V[152]. Informé que Pierre de Lusignan, roi de Chypre, doit venir bientôt à Avignon, Jean passe l’hiver à Villeneuve et dans ses villes du midi, en attendant l’arrivée du vainqueur des Sarrasins, du conquérant de Satalie[153]. P. [77] à [79], [272] à [274].
Édouard III crée Édouard, prince de Galles, son fils aîné, prince d’Aquitaine[154]; Lionel, son second fils, naguère comte d’Ulster, duc de Clarence; Jean, son troisième fils, auparavant comte de Richmond, duc de Lancastre[155]; et il demande pour son quatrième fils Aymon, comte de Cambridge, la main[156] de Marguerite, fille du comte de Flandre et veuve de Philippe de Rouvre.—Mort d’Isabelle de France[157], fille de Philippe le Bel et mère d’Édouard III. Après avoir assisté aux obsèques de sa grand’mère, Édouard, prince d’Aquitaine et de Galles, qui vient de se marier à Jeanne de Kent, veuve de Thomas de Holland[158], quitte l’Angleterre et fait voile vers le continent[159] où il se rend pour prendre possession de sa nouvelle principauté; il débarque à la Rochelle et y reste quatre jours. P. [79] à [81], [274], [275].
Jean Chandos, gouverneur d’Aquitaine pour le roi d’Angleterre, va de Niort où il réside à la Rochelle au-devant du prince; il l’accompagne à Poitiers où tous les feudataires de Poitou[160] et de Saintonge viennent rendre hommage à leur nouveau suzerain. Le prince d’Aquitaine se dirige ensuite vers Bordeaux. Il fait en compagnie de la princesse un long séjour dans cette ville et y reçoit le serment des seigneurs de Gascogne[161]. Grâce à sa médiation, la paix est conclue[162] entre les comtes de Foix et d’Armagnac qui sont depuis longtemps en guerre. Il fait Jean Chandos connétable, et Guichard d’Angle maréchal, d’Aquitaine. Il distribue les meilleurs offices de la principauté aux chevaliers de son entourage et à des Anglais, au grand mécontentement des gens du pays. P. [81], [82], [275] à [277].
CHAPITRE LXXXVII.
1363. ARRIVÉE ET SÉJOUR DE PIERRE 1er, ROI DE CHYPRE, A AVIGNON.—PROJET DE CROISADE.—TRAITÉ CONCLU ENTRE ÉDOUARD III ET LES QUATRE OTAGES DES FLEURS DE LIS.—VOYAGES DU ROI DE CHYPRE A PARIS, EN NORMANDIE ET EN ANGLETERRE.—1364. RETOUR DE JEAN II A LONDRES.—VOYAGE DE PIERRE 1er EN AQUITAINE.—MORT DU ROI DE FRANCE A LONDRES ET AVÉNEMENT DE CHARLES V (§§ [503] à [510]).
Arrivée de Pierre Ier, roi de Chypre, à Avignon[163]. Les rois de France et de Chypre prennent la croix[164] à l’instigation d’Urbain V. P. [82] à [84], [277] et [278].
Après Pâques 1363, départ d’Avignon des rois de Chypre[165] et de France[166]. Voyages de Pierre Ier à Prague[167] auprès de l’empereur Charles IV, roi de Bohême, en Allemagne, dans le duché de Juliers, en Brabant, en Flandre où il rencontre à Bruges le roi de Danemark qui a quitté son royaume pour le venir voir, en Hainaut. Le roi de Chypre s’efforce de recruter dans tous ces pays des adhérents à la croisade projetée. P. [84] à [86], [278] à [280].
Traité conclu entre Édouard III et les quatre ducs d’Orléans, d’Anjou, de Berry et de Bourbon, otages en Angleterre[168]. Édouard s’engage à mettre en liberté ces quatre otages sous certaines conditions; et, en attendant que ces conditions soient remplies, les ducs sont internés à Calais[169]. L’embarras des finances vient se joindre au projet de croisade pour faire traîner en longueur les négociations relatives à ce traité, au grand mécontentement du duc d’Anjou. D’un autre côté, le roi de Navarre se prépare à recommencer les hostilités et prend à sa solde les Compagnies qui reviennent de Lombardie, pour faire la guerre au royaume[170]. P. [86], [87], [280], [281].
Au retour de son voyage en Allemagne, le roi de Chypre va voir le roi de France à Paris[171], le dauphin duc de Normandie à Rouen[172] et le roi de Navarre à Cherbourg[173]; il essaye en vain de réconcilier les enfants de Navarre avec le roi Jean et le dauphin Charles. De Cherbourg, Pierre Ier revient à Caen, passe par Pont-de-l’Arche, Abbeville, Rue, Montreuil et arrive à Calais où il ne trouve que les ducs d’Orléans, de Berry et de Bourbon, car le duc d’Anjou a rompu son otagerie et est retourné en France[174]. P. [87] à [89], [281] à [283].