A che donc assés nouvellement avoit estet tretiez li mariaiges de monseigneur Ainmon, comte de Cantbruge, filz au roy d’Engleterre, et de madamme Marie, fille au comte Loeys de Flandres, qui estoit veve dou jone duc de Bourgoingne, si comme chy dessus est registré. Si estoient là assamblé cil seigneur pour ordounner mariaige et assigner ce que chacuns devoit avoir. Li roys d’Engleterre donnoit à son fil le comté de Pontieu, le comté de Ghines, le terre de Melch et de Oye, et telz drois qu’il entendoit à avoir en le comté de Haynnau, de Hollande et de Zellandez, qu’il ne faisoit mies adonc petis, de par madamme la roynne Phelippe, sa femme, qui fille avoit estet au comte de Haynnau, enssi que vous savés. Si furent là chil seigneur d’Engleterre et de Flandres en grans reviaux et en grans esbatemens l’espasse de quatre jours, et y eut grans disners et biaux et bien ordounnés. Et leur vinrent ces nouvelles certaines de Bretaingne, dont ils furent mout resjoy, especialment li roys englès et li comtes de Flandres, li roys englès pour ce qu’il avoit toudis fait chief et partie de ceste gerre avoecq le comte de Montfort, liquelx comtes avoit eu sa fille espousée, et li comtes de Flandrez, pour tant que il est cousins germains au comte de Montfort.

Apriès ces festes et ces reviaux qui furent à Douvres, prist li comtes Loeis de Flandres congiet au roy et as barons d’Engleterre, et rapassa le mer et vint à Calais. Si le raconvoiièrent li dus de Lancastre et li comtes de Cantbruges et les en mena li comtes de Flandres avoecq lui en Flandres pour jewer et esbattre, et furent à Yppre, à Brughes et à Ghand, et partout si bien venu et si bien recheu. Endementroes ordounna li roys englès grans messaiges pour envoiier deviers le pappe Urbain [cinqime[483]] pour dispensser che mariaige, car il estoient moult prochain de linaige; car autrement sans dispenssations n’avoit li comtes de Flandres acordé sa fille au roy d’Engleterre. Or nous soufferons nous à parler de ceste matère, et revenrons au comte de Montfort et dirons coumment il persevera.

P. [174], l. 7: devant.—Le ms. A 17 ajoute: de la ditte bataille d’Aurroy.

P. [174], l. 17: conseil.—Le ms. A 17 ajoute: qui illecques se tenoient, lesquelz le reçurent moult grandement et moult honorablement, ainsi qu’il appartenoit à un tel prince et si grant seigneur. Fº 327 vº.

P. [174], l. 18: l’avoit.—Mss. B 3, A 1 à 6, 8 à 14, 18 à 23: l’avoient.

P. [174], l. 20: besongne.—Ms. A 17: grant bataille.

P. [174], l. 26 à 28: Et donna... pourfit.—Ces lignes manquent dans les mss. B 3, B 4 et dans les mss. A.

P. [174], l. 30: trois.—Ms. A 17: quatre ou cinq.

P. [175], l. 3: Aymons.—Le ms. A 17 ajoute: son frère.

P. [175], l. 6: Bruges.—Le ms. B 6 ajoute: et à Gand et en pluiseurs bonnes villes et s’y tinrent bien ung mois, et puis s’en retournèrent en Engleterre. Fº 652.