[73] Par acte daté de Westminster le 20 janvier 1361, Édouard III nomme Jean Chandos, chevalier, baron de Saint-Sauveur en Normandie, son lieutenant et capitaine ès parties de France et conservateur spécial de la paix et des trêves ès dites parties. Rymer, III, 555.

CHAPITRE LXXXV

[74] Par acte daté de Calais le 24 octobre 1360, Édouard III chargea Guillaume de Grantson et Nicolas de Tamworth de faire évacuer les forteresses de Champagne, de Brie, des duché et comté de Bourgogne, de l’Orléanais et du Gâtinais; Thomas Fogg et Thomas Caun celles du Perche, du Chartrain et du Drouais (pays de Dreux); le sire de Pommiers, Bérard et Arnaud d’Albret, celles du Berry, du Bourbonnais, de la Touraine et de l’Auvergne; Amauri de Fossat et Hélie de Pommiers, celles du Périgord, du Quercy et de l’Agenais; le captal de Buch, le sire de Monferrand et Thomas de Holland, celles de la Normandie, de l’Anjou et du Maine. Rymer, III, 546 et 547.

[75] Le château de Joinville (Joinville-sur-Marne ou en Vallage, Haute-Marne, arr. Vassy) fut pris par une compagnie d’aventuriers allemands, qui se nommaient les Tard-Venus. Ce château, appartenant à Henri, comte de Vaudémont et sire de Joinville, fut occupé après le traité de Brétigny conclu le 8 mai 1360 («... son chastel de Joinville depuis nostre paiz pris par noz ennemis.» Arch. Nat., JJ91, nº 245), et avant le 24 octobre de la même année, puisque, dans la ratification définitive du traité du 8 mai datée de Calais le 24 octobre 1360, on eut soin de stipuler expressément l’évacuation de Joinville (Rymer, III, 535, 546). Le sire de Joinville s’étant ruiné pour racheter son château, le roi Jean, par acte daté de Saint-Denis le 25 février 1362 (n. st.), lui constitua une rente annuelle et viagère de 2000 livres («ad relevanda gravamina que passus fuit et est in captione et detentione castri et ville suarum de Joinvilla». JJ91, nº 134). Gui, sire de Choiseul, paya aussi une grande somme de florins «pour le rachat de la forteresce de Joingville dont il estoit plesge et pour ce hostage en la ville de Meiz.» JJ91, nº 451. JJ93, nos 9, 239. J1036, nos 22 à 24. Chroniques de Jean le Bel, II, 274.

[76] Voyez notre liste des lieux forts occupés par les Compagnies dans le diocèse de Langres. Histoire de Bertrand du Guesclin, p. 487 et 488.

[77] En 1361, on découvrit que les Compagnies avaient des intelligences en Bourgogne; quatre capitaines de forteresses du duché furent révoqués, et le sire d’Estrabonne arrêté à Chalon (Archiv. dép. de la Côte-d’Or, fonds de la Chambre des Comptes du duché de Bourgogne, compte de Dimanche Vitel pour 1361; Finot, Recherches sur les Compagnies en Bourgogne, p. 16). Si l’on songe que Charles le Mauvais, roi de Navarre, éleva des prétentions sur le duché de Bourgogne après la mort de Philippe de Rouvre survenue le 21 novembre 1361, on ne doutera pas que les menées de ce prince perfide n’aient contribué particulièrement à attirer sur cette province le fléau des Compagnies, dont le nombre et l’audace redoublèrent lorsque le gendre du roi Jean, sans oser rompre ouvertement avec son beau-père, essaya de lui disputer sous main la succession du duché. On verra, dans une des notes suivantes, que quelques-uns des aventuriers qui infestèrent alors la Bourgogne, étaient d’origine navarraise. Les prétentions de Jean de Bourgogne, dernier descendant mâle de Jean de Chalon l’Antique, sur le comté de Bourgogne, dont Marguerite de France, grand’tante de Philippe de Rouvre et grand’mère de sa veuve, avait été reconnue héritière, en faisant éclater la guerre entre Jean et Marguerite, ces prétentions, dis-je, furent aussi l’une des causes qui mirent, dans le courant de 1362, le comté aussi bien que le duché de Bourgogne à la merci des Compagnies. Finot, Ibid., p. 70, 71.

[78] Aujourd’hui Reulle-Vergy, Côte-d’Or, arr. Dijon, c. Gevrey.

[79] Côte-d’Or, arr. Dijon. Tous les gourmets savent que le clos de Chambertin est situé sur la commune de Gevrey. Les Compagnies occupèrent aussi en 1361 un autre Givrey (auj. Givry-Cortiambles ou Givry-près-l’Orbize, Saône-et-Loire, arr. Chalon-sur-Saône), car le bailli de Chalon envoya, de Noël 1360 au 15 janvier 1361, à Robert de Marnay, châtelain de Montaigu (château de Chauffailles, Saône-et-Loire, arr. Charolles), des hommes d’armes qui gardèrent le dit château depuis le 2 février jusqu’au mois d’août 1361 contre les gens des Compagnies qui étaient à Couches (auj. Couches-les-Mines, Saône-et-Loire, arr. Autun) et à Givry (Archives de la Côte-d’Or, fonds de la Chambre des Comptes de Bourgogne, B5251. Inventaire, ii, 237). Voyez notre liste des lieux forts occupés par les Compagnies en Bourgogne (Hist. de du Guesclin, p. 471, 497, 498, 507 à 509). Les trois volumes de l’inventaire des archives de la Côte-d’Or permettraient d’ajouter à cette liste près de cinquante forteresses.

[80] Seguin de Badefol était l’un des quatre fils légitimes de Seguin de Gontaut, sire de Badefols (auj. Badefols-de-Cadouin, Dordogne, arr. Bergerac, c. Cadouin). Marié le 15 juin 1329 à Marguerite de Berail, Seguin de Gontaut, père de Seguin de Badefol, eut trois autres fils, Jean, Pierre et Gaston, une fille, Dauphine mariée à Pierre de Cugnac, et cinq enfants naturels, dont deux fils et trois filles; dans son testament daté du 23 août 1371, il ne nomme point Seguin qui était mort empoisonné à la fin de 1365 et élit sa sépulture dans l’abbaye de Cadouin.

[81] Ce chef de Compagnie est appelé Taillevardon dans une lettre de rémission accordée le 10 juin 1379 à Guillemin Martin de «Cromeneau», au bailliage de Mâcon, qui avait quitté son pays natal «pour cause des gens de l’Archeprestre, de feu Guiot du Pin et de feu Taillevardon et de plusieurs autres gens d’armes qui lors (en 1362) gastoient et pilloient tout le pays...» Arch. Nat., JJ115, nº 70.—En 1363, un écuyer de Philippe le Hardi, lieutenant du roi son père dans le duché de Bourgogne, s’appelait Arnaud de Talbardon. (Arch. de la Côte-d’Or, fonds de la Chambre des Comptes, série B, liasse 371; Invent., I, 40.) D’après Paradin, le roi Jean fit pendre en 1362, à Trichastel, Tallebardon, Guillaume Pot et Jean de Chauffour; mais cet érudit est dans l’erreur au moins en ce qui concerne ces deux derniers routiers. Pot vivait encore en 1367 et Jean de Chauffour fut décapité à Langres vers le milieu de 1364.