[219] Baudouin de Lens, sire d’Annequin (Pas-de-Calais, arr. Béthune, c. Cambrin), était depuis dix ans le fidèle compagnon d’armes de Bertrand du Guesclin avec lequel il avait organisé des joutes à Pontorson dès 1354 (Hist. de du Guesclin, p. 122, note 2). Environ trois semaines avant Cocherel, le 25 avril, Baudouin, sire d’Annequin, avait donné quittance de 1088 francs d’or qui lui avaient été assignés «pour certain service par lui fait ou roy nostre dit seigneur devant Rolleboise.» Bibl. Nat., Quittances, XV, nº 7.

[220] Charles V donna vers 1366, les château et seigneurie de Tillières (auj. Tillières-sur-Avre, Eure, arr. Évreux, c. Verneuil) à Gui le Baveux, seigneur de Longueville, «en recompense de ce qu’il avoit fait prisonnier en la bataille proche Cocherel Guillaume de Gauville, ennemi du roi.» Arch. Nat., J217, nº 23.

[221] A la liste des prisonniers de Cocherel on peut ajouter Geffroi de Roussillon pris par Amanieu de Pommiers, l’Anglais Robert Chesnel par Gaudry de Ballore (Arch. Nat., sect. jud., X1a 19,fos 300 et 301), le Navarrais Pierre d’Aigremont, capitaine du Bois-de-Maine, par un écuyer du diocèse de Quimper (Bibl. Nat., ms. lat. nº 5381, II, 175), Jacques Froissart, secrétaire du roi de Navarre (Bibl. Nat., Quittances, XV, 211), Jean de Trousseauville, cher (Ibid., XV, 258), Colin de Fréville, écuyer (Arch. Nat., JJ146, nº 364), Jean de Launoy, bourgeois d’Évreux (JJ116, nº 111,), enfin Baudouin de Bauloz, Jean Gansel, Lopez de Saint-Julien, capitaines navarrais d’Anet, de Livarot et de Saint-Sever (Arch. Nat., J381, nº 3).

[222] Eure, arr. et c. Louviers. En 1364, Acquigny était au pouvoir des Navarrais. Bibl. Nat., Quittances, XV, 264.

[223] Vernon avait été cédé par le dauphin régent le 21 août 1359, en échange de Melun, à la reine Blanche de Navarre, veuve de Philippe de Valois, ainsi que Vernonnet, Pontoise, Neaufles, toute la vicomté de Gisors à l’exception de la ville et du château, Neufchâtel et Gournay. Blanche, sœur de Charles le Mauvais, était toute dévouée à son frère; et, s’il faut en croire le Cauchois Pierre Cochon, la châtelaine de Vernon, trompée par la feinte de Bertrand, se hâta trop de fêter la victoire du captal de Buch: «Si avint que messire Bertran se retray et fist passer ses sommages oultre la rivière (d’Eure). Les nouvelles vindrent à la royne Blanche que les Franchois estoient desconfits et, celles nouvelles oyes, menestriex commenchèrent à corner, et dames et damoiselles à danser et demener si grant joye que nul ne le peust penser. Et tantost après, en mainz de deux hores, oïrent autres nouvelles. De quoy les vielles furent mises soubz le banc et fu la grant joye tournée à grant plor. Et avoit la dite roine une grant huche toute plaine de linges, robes et de chausses semellées à poulaine, qui couroient pour le temps, à leur donner après la bataille; et pour ce que le roy de Franche oy parler de celle grant joye et que Vernon estoit trop entre les forteresches des Navarrois, elle fu mise hors.» Chronique Normande de P. Cochon, publiée par M. Charles de Beaurepaire, Rouen, 1870, p. 111 et 112.—Il est certain, en effet, que presque tous les actes, émanés de la chancellerie de la reine Blanche postérieurement à la bataille de Cocherel, sont datés de son château de Neaufles (aujourd’hui Neaufles-Saint-Martin, Eure, arr. les Andelys, c. Gisors). Bibl. Nat., Quitt., XV (voir p.59-64-71), 167, 218.

[224] Charles V reçut la nouvelle de la victoire de Cocherel la veille de son sacre, le samedi 18 mai, deux jours après la bataille, au moment où il arrivait aux portes de Reims. Cette nouvelle lui fut apportée par deux messagers, l’un, Thomas Lalemant, son huissier d’armes, à qui il assigna en récompense 200 livres parisis de rente (Arch. Nat., JJ96, nº 372), l’autre Thibaud de la Rivière, écuyer breton de la Compagnie de du Guesclin, qu’il gratifia de 500 livres tournois de rente (Catalogue Joursanvault, I, 6, nº 33; 309, nº 1710).

[225] Quoique Philippe eût été créé duc de Bourgogne par le roi Jean à Germigny-sur-Marne dès le 6 septembre 1363, Charles V continua de donner à son plus jeune frère le titre de «duc de Touraine» jusqu’au 2 juin 1364, jour où il se décida à confirmer au profit de Philippe la donation du duché de Bourgogne faite par son père (dom Plancher, Hist. de Bourgogne, II, Preuves, CCLXXVIII). Une particularité que tous les historiens semblent avoir ignorée, c’est que Charles V, par acte daté de son château du Goulet, le 18 avril 1364, dut promettre à son second frère Louis, duc d’Anjou, qu’au cas où il viendrait à avoir des héritiers mâles légitimes aptes à lui succéder sur le trône, il donnerait à perpétuité à son dit frère le duché de Touraine, tant la cité et le château de Tours, que toutes les autres appartenances de ce duché. Arch. Nat., J375, nº 3.

[226] Pierre de Sacquenville fut exécuté à Rouen entre le 27 mai et le 13 juin 1364. Le 13 juin 1364, Charles V donna à son amé et féal cher et chambellan Pierre de Domont les châteaux, forteresses ou manoirs de Sacquenville (Eure, arr. et c. Évreux) et de Bérengeville ainsi que les terres, situées en Brie et en Champagne, confisquées sur Pierre de Sacquenville, «comme il se feust mis en la bataille du captal de Buch pour le roy de Navarre, ennemi de nous et de notre royaume, contre noz bons et loyaux chevaliers et subgiez et en ycelle bataille, à la desconfiture du dit captal et sa compaignie, le dit Pierre ait esté pris et, comme traitre de nous et de nostre royaume, amené en noz prisons en nostre ville de Rouen et illeucques pour ses demerites executez (Arch. Nat., JJ96, nº 116). A la même date, les châteaux ou manoirs de Corvail et de Couvay, confisqués comme les précédents sur feu Pierre de Sacquenville, furent donnés à Jean de Gaillon, sire de Grosley. Ibid., nº 118.

[227] Au commencement du mois de septembre 1364, la belle reine Jeanne d’Évreux, veuve de Charles le Bel, dame de Château-Thierry, qui nourrissait un sentiment tendre pour le captal de Buch, obtint du roi que le vaincu de Cocherel reviendrait tenir prison à Paris. Hist. de du Guesclin, p. 600 à 603.

[228] Du 14 juillet au 20 août, Mouton, sire de Blainville, capitaine pour le roi au diocèse de Rouen par deçà Seine, alla assiéger Acquigny, à la tête d’une troupe qui comprenait à la fin du siége 44 chevaliers, tant bannerets que autres, et 105 écuyers (Bibl. Nat., Quitt., XV, 49, 53). Mouton leva au commencement de septembre le siége d’Acquigny pour aller avec le duc de Bourgogne sur les bords de la Loire renforcer le siége mis par les Français devant la Charité.