[256] On lit dans Froissart: «le samedi 8 octobre.» Il y a là deux erreurs. En 1364, le 8 octobre tomba un mardi, et non un samedi, et la veille de la bataille d’Auray doit être rapportée, non au 8 octobre, mais au samedi 28 septembre.

[257] Cet épisode est purement romanesque. Le comte de Montfort venait de s’emparer de la ville et avait forcé la garnison du château d’Auray à capituler, lorsque Charles de Blois arriva pour faire lever le siége de cette forteresse.

[258] C’est Charles de Blois, et non Jean Chandos, qui rompit définitivement les négociations. Les capitaines anglais, dont Montfort n’était que l’instrument, voulaient conserver le droit de lever des rançons sur la Bretagne pendant cinq années. Le mari de Jeanne de Penthièvre aima mieux courir les chances d’une bataille que de laisser ses sujets en butte à de telles vexations. Cela résulte de l’affirmation d’un témoin oculaire, Geoffroi de Dinan, cher, qui déposa sous la foi du serment, en 1371, dans l’enquête pour la canonisation de Charles de Blois: «... Die conflictus prædicti de Aurroyo, dum ipse (Carolus de Blesiis) cum suis gentibus armorum paratus fuisset ad bellum in campo contra adversarios suos etiam ex adverso paratos contra ipsum, perlocutum fuit de tractatu habendo cum ipso ex parte dictorum adversariorum suorum, dummundo ipsi haberent redemptiones a popularibus sui ducatus usque ad quinquennium, prout antea de facto habuerant. Et cum nobiles viri dominus de Ruppeforti et vicecomes Rohanni, presentes ibidem in armis et de parte ipsius existentes, tractatui hujusmodi consentirent, dicens dictus dominus de Ruppeforti quod, quantum in ipso erat, prædiligebat summam triginta milium librarum levari et exigi a subditis suis, quam ipsa die debellare; ac dixit presenti testi quod ipse iret ad dictum dominum Carolum et sibi diceret quod melius sibi foret permittere hujusmodi redemptiones levari a dictis popularibus quam eventum belli expectare. Qui presens testis accessit ad dictum dominum Carolum, et hoc ex parte dictorum nobilium eidem nunciavit. Quod cum audisset, respondit quod prædiligebat incidere in eventum belli, ad voluntatem Dei, quam permittere populum suum talibus miseriis et angustiis prægravari quibus compatiebatur, et pro ipsis pugnare volebat, ut dicebat, et finaliter pugnavit ac mortuus fuit.» Bibl. Nat., ms. lat. nº 5381, t. I, fos 360 vº et 361.

[259] On a publié, d’après une liste manuscrite dressée au dix-huitième siècle par Yves Duchesnoy, les noms des principaux capitaines qui combattirent à Auray sous Jean Chandos (Revue des provinces de l’Ouest, III, 203). Cf. un opuscule intitulé: Jean Chandos, connétable d’Aquitaine et sénéchal du Poitou, par Benjamin Fillon, 1856, p. 13, note 1.

[260] «Prie» est la leçon que donnent tous les manuscrits; mais comme Froissart ajoute que ce chevalier était un grand banneret de Normandie, on peut supposer qu’il a voulu désigner le seigneur de Trie.

[261] D’après la chronique de la Chartreuse d’Auray, dont la rédaction relativement moderne, repose en général sur une tradition orale non interrompue, Hugh de Calverly s’était embusqué dans le bois de Kerlain.

[262] En 1371, six ans après l’événement, Georges de Lesven, écolâtre et chanoine de Nantes, maître ès arts et bachelier en médecine, rapportait comme une tradition très-autorisée que Charles de Blois s’était constitué prisonnier lorsqu’un partisan de Montfort (d’après les traditions de la maison de Penthièvre, Pierre de Lesnérac, Guérandais d’origine) le tua par trahison: «per magnum spatium temporis postquam captus fuit per inimicos suos et se reddiderat prisonarium eisdem, ipsi inimici eumdem occiderunt ac armis et aliis vestimentis suis despoliaverunt ac ipsum indutum cilicio ad carnem invenerunt.» Bibl. Nat., ms. lat. nº 5381, t. I, fº 54. Cf. dom Morice, Preuves de l’histoire de Bretagne, II, 7.

[263] Froissart, par suite de l’erreur que nous avons déjà signalée, assigne à la bataille d’Auray la date du 9 octobre. Il est constant que cette bataille se livra le dimanche 29 septembre 1364, le jour de la fête de saint Michel. On a pu dire, en réfléchissant à cette coïncidence et par allusion à la part prise par les Anglais, dont saint Georges était le patron, au succès de Montfort, que saint Michel avait fait les honneurs de cette journée à saint Georges. Peu de temps avant la bataille d’Auray, Charles de Blois était allé pieds nus en pèlerinage au Mont-Saint-Michel où il avait fait cadeau aux religieux d’une relique de saint Yves, comme en témoignait l’inscription suivante gravée sur un reliquaire en vermeil de la célèbre abbaye: «C’est la coste saint Yves que monseigneur Charles de Blois cy donna.» Dom Huynes, Hist. du Mont-Saint-Michel, II, 44.

[264] Il faut lire dans le texte tout ce récit empreint de je ne sais quel charme mélancolique qui va jusqu’à l’éloquence. Toutefois, il est impossible de ne pas faire remarquer que la générosité prêtée ici à Montfort s’accorde assez mal avec l’irrévérence des Anglais attestée par un témoin oculaire, Frère Geoffroi Rabin, dominicain de la maison de Nantes: «Et postmodum, dum ipse dominus Carolus fuisset dearmatus et despoliatus omnibus vestimentis suis per Anglicos, vidit aliquos dictorum Anglicorum tenentes quoddam cilicium album quod dicebant fuisse et esse cilicium dicti domini Caroli quod habebat indutum, quod quasi pro nihilo reputantes ad terram dimiserant.» Bibl. Nat., ms. lat. nº 5381, t. I, fos 192 vº et 193.

[265] Le cinquième jour après la bataille d’Auray nous reporte au 4 octobre; or, la veille, c’est-à-dire le 3 octobre, Édouard III a daté l’un de ses actes de Canterbury, ville située, comme chacun sait, sur la route de Londres à Douvres (Rymer, III, 749): l’assertion de Froissart offre par conséquent un haut degré de vraisemblance.