ENTRÉE DU PRINCE DE GALLES EN ESPAGNE.—1367, 6 janvier. NAISSANCE A BORDEAUX DU PRINCE RICHARD, DEPUIS RICHARD II.—Du 10 au 29 janvier. CONCENTRATION DE L’ARMÉE ANGLAISE A DAX; ARRIVÉE DU DUC DE LANCASTRE; OCCUPATION DE MIRANDA ET DE PUENTE-LA-REINA; ENTREVUE DE DON PÈDRE, DU PRINCE DE GALLES ET DU ROI DE NAVARRE, A PEYREHORADE.—Du 14 au 20 février. PASSAGE DES PYRÉNÉES ET DU DÉFILÉ DE RONCEVAUX PAR LES TROIS CORPS DE L’ARMÉE ANGLAISE.—13 mars. ARRESTATION CONCERTÉE DU ROI DE NAVARRE PAR OLIVIER DE MAUNY.—REDDITION DE SALVATIERRA A DON PÈDRE ET ARRIVÉE DES ANGLAIS DEVANT VITORIA; DÉFAITE DE THOMAS FELTON; MORT DE GUILLAUME FELTON.—MOUVEMENT RÉTROGRADE DE l’ARMÉE ANGLAISE; PASSAGE A LAGUARDIA, A VIANA; OCCUPATION DE LOGRONO ET DE NAVARRETE.—1er avril. LETTRE DU PRINCE DE GALLES A DON ENRIQUE.—2 avril. RÉPONSE DE DON ENRIQUE CAMPÉ A NAJERA (§§ [560] à [576]).
La princesse de Galles met au monde à Bordeaux l’enfant qui fut depuis Richard II[1]. Le dimanche suivant, le prince de Galles part le matin de Bordeaux[2] et arrive le soir à Dax[3], en Gascogne, où il séjourne trois jours, attendant que son frère le duc de Lancastre le vienne rejoindre. Parti de basse Normandie, celui-ci débarque à Saint-Mathieu[4], passe à Nantes, traverse le Poitou et la Saintonge, franchit la Gironde à Blaye et arrive à Bordeaux où la princesse fait ses relevailles en l’abbaye de Saint-André. Après une courte halte dans cette ville, le duc de Lancastre s’empresse d’aller rejoindre son frère à Dax. Le prince de Galles reçoit aussi, sur ces entrefaites, la visite du comte de Foix qu’il charge de garder sa principauté pendant son absence. Inquiet sur les dispositions de Charles le Mauvais, qui passe pour avoir conclu un traité d’alliance avec don Enrique de Trastamare, il fait occuper par Hugh de Calverly, un de ses lieutenants, Miranda[5] et Puente-la-Reina[6]. Le roi de Navarre, après avoir fait présenter des excuses au prince à Dax, par l’entremise de Martin de la Carra[7], vient lui-même à Saint-Jean-Pied-de-Port[8], où il s’abouche avec le duc de Lancastre et Jean Chandos, et là il ménage une entrevue qui doit avoir lieu à Peyrehorade[9] entre lui, don Pèdre et le prince de Galles. P. [1], [5], [259], [261].
Entrevue de don Pèdre, du prince de Galles et du roi de Navarre, à Peyrehorade[10]. Charles le Mauvais prend l’engagement de livrer passage à travers son royaume à l’armée anglaise. Le captal de Buch, les seigneurs d’Albret et de Clisson viennent rejoindre à Dax[11] le prince d’Aquitaine et de Galles. Bertrand du Guesclin, de son côté, qui se tient alors auprès du duc d’Anjou, traverse à marches forcées l’Aragon et revient en Espagne offrir ses services à don Enrique de Trastamare auquel il amène un corps de volontaires français et bretons. P. [5], [6], [261].
Entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Pampelune se trouvent des défilés tellement étroits et inaccessibles que trente hommes en pourraient fermer le passage à toute une armée. L’armée anglaise entreprend ce passage à la mi-février[12], et pour l’opérer avec moins de difficulté, se divise en trois corps. Le premier corps ou avant-garde, sous les ordres du duc de Lancastre, opère ce passage le lundi[13]. Noms des principaux chevaliers qui composent cette avant-garde. P. [7], [8], [261] et [262].
Le mardi, passage du deuxième corps, sous les ordres du prince de Galles, de don Pèdre et du roi de Navarre. Noms des principaux chevaliers qui composent ce deuxième corps. Charles le Mauvais amène le prince de Galles et don Pèdre en sa cité de Pampelune, tandis que leurs hommes vont camper sur les hauteurs qui dominent cette ville. P. [8], [9], [262] et [263].
Le mercredi, passage du troisième corps où figurent James, roi détrôné de Majorque, le captal de Buch, les comtes d’Armagnac et de Périgord, les seigneurs de Clisson, d’Albret, une foule d’autres seigneurs anglo-gascons et les principaux chefs des Compagnies. Tous ces gens d’armes, au nombre d’environ trente mille chevaux, restent campés sur le «comble» de Pampelune jusqu’au dimanche suivant[14] et mettent au pillage le pays des environs, au grand mécontentement du roi de Navarre. P. [9], [10], [263] et [264].
Pendant ce temps, don Enrique de Trastamare, qui attend de jour en jour l’arrivée de Bertrand du Guesclin à la tête des troupes auxiliaires de France, appelle sous les armes tous les hommes valides du royaume de Castille pour résister à ses adversaires. Le rendez-vous général est à Santo Domingo[15] où le roi de Castille parvient à rassembler plus de soixante mille hommes, tant de pied qu’à cheval. P. [10], [264].
Don Enrique envoie en Navarre un de ses hérauts porter une lettre[16] de défi au prince de Galles. Celui-ci donne lecture de cette lettre à ses principaux conseillers qui ne sont pas d’accord sur la réponse qu’il convient de faire au défi du roi de Castille. P. [10] à [12], [264] et [265].
Pendant que le prince se tient en la marche de Pampelune, les frères Felton, Thomas[17] et Guillaume, et Robert Knolles, à la tête de cent soixante lances et de trois cents archers, quittent le gros de l’armée, passent l’Èbre à Logroño et vont se poster en un village appelé Navarrete[18].—Sur ces entrefaites, le roi de Navarre, chevauchant sur les frontières de la Navarre et de l’Aragon, se laisse faire prisonnier par Olivier de Mauny[19], et l’on suppose aussitôt que c’est une ruse concertée à l’avance entre ce prince et le chevalier breton qui l’a arrêté: en demeurant captif jusqu’à l’issue de la campagne, Charles échappe à l’obligation de se joindre de sa personne à l’expédition du prince de Galles et peut attendre les événements[20]. Martin de la Carra, lieutenant général de Navarre pendant la captivité du roi son maître, fournit des guides au prince et à ses gens pour traverser les défilés des montagnes[21]. L’armée anglaise s’avance par le col d’Arruiz[22], traverse le Guipuzcoa[23] et arrive à Salvatierra[24]. P. [12] à [15], [265] à [267].
Salvatierra n’oppose aucune résistance et ouvre ses portes à don Pèdre[25]. Pendant ce temps, Thomas Felton et ses éclaireurs, qui se sont rendus maîtres de Navarrete, vont un jour réveiller don Enrique jusque dans son camp et renseignent le prince, établi à Salvatierra, sur la situation et les forces de son adversaire.—Don Enrique, de son côté, passe la rivière qui coule à Najera[26], et s’avance dans la direction de Vitoria à la rencontre des Anglais. Aussitôt qu’il est informé de ce mouvement, le prince de Galles vient à son tour rejoindre devant Vitoria Thomas Felton et ses éclaireurs. P. [15] à [18], [267] à [269].