P. [136], l. 18: douze cens.—Mss. B 4 et A 8: douze mille. Fo 306.
P. [136], l. 23: le Roce de Ponsoy.—Ms. A 8: la Roche de Posoy.
P. [137], l. 18: Rocewart.—Ms. A 8: Rochechouart.
P. [138], l. 3: Fraiville.—Ms. A 8: Franville.
P. [138], l. 10: contournés.—Ms. B 4: tournés. Fo 306 vo.—Ms. A 8: tourmentez.
P. [138], l. 29: tamainte.—Le ms. A 8: ajoute: belle.
P. [139], l. 10: ou.—Ms. A 8: en.
§ [622]. Messires Robers.—Ms. d’Amiens: Or entendi messires Robers Canolles les nouvelles coumment li Franchois faisoient très forte guerre au prinche, et li tolloient tous les jours ses villes et ses castiaux, et ardoient et essilloient en la ducé d’Acquittainne mout avant. Si s’avisa li dis messires Robers que il venroit deviers le prinche et le serviroit et conforteroit à ce besoing de son corps et de ses gens, car moult y estoit tenus pour tant que li roys ses pères l’avoit mout amet et avanchiet en tous cas. Si fist ses pourveanches pour lui et pour ses gens en quatre vaissiaux, sus ung havene de mer en Bretaigne, que on appelle Konke; et quant il eut tout apresté, il vint celle part et entra en son vaissiel à soixante hommes d’armes, et naga et singla tant qu’il arriva ou havene au kay de le Rocelle. Si yssirent, il et ses gens, de leurs vaissiaux, et descargièrent tout bellement leurs pourveanches et leurs chevaux et se rafreschirent quatre jours en le Rocelle. Au cinquime, s’em partit messires Robers Canolles et se routte, et chevaucièrent tant parmy Saintonge et Poito que il vinrent en la cité d’Angouloime, là où li princes et la princesse et leur enffant se tenoient, Edouwars et Richars. De le venue monsigneur Robert Canolle fu li prinches grandement resjoys, car li dis messires Robers se presenta et offri en son serviche et à faire tout ce qu’il li plairoit. De quoy li prinches li dist par pluisseurs fois: «Monsigneur Robert, très grans merchis, et je vous doy moult regrasciier, et bien y sui tenus, de ce c’à che besoing vous m’estes venus secourir. Si vous fay et ordounne souverain mestre et cappittainne de tous les chevaliers et escuiers de mon hostel.»—«Monsigneur, respondi messires Robers, et quant vous me voullés de tant honnourer, je ne le doy mies refusser; et Dieux me fait faire esploit qui vous vaille, car j’ay très grant desir de vous servir en tous kas.»
En ce tamps, avoit une grosse garnison de Franche en le chité de Chaours, qui estoit tournée francoise, si comme il vous est dit chy dessus par le pourcach de l’arcevesque de Thoulouse. Si en estoient souverain et cappittainne bon guerieurs durement et gens de Compaingnes, c’est assavoir: Ammenions d’Ortige, Perros de Savoie, Jakes de Bray, Ernautons de Paus et Petis Meschins. Si estoient tout chil de le comté de Fois appert bacheler et hardit homme durement, et faisoient souvent des yssues grandes et belles, et chevauchoient en Quersin, en Limozin et jusques en Roherge et en Aginois, et mettoient le pays en grant destruction. Et se rendoient à yaux villes, cités et castiel, et prendoient hommes et prisonniers à force et à esploit, et y faisoient mout de desrois, tout au title et ou nom dou roy de Franche et dou duc d’Ango, pour qui il chevauchoient. Et vinrent devant une bonne ville que on nomme Fumel, et y sissent quatre jours, et le prissent par force et par assault, et fu toutte robée et pillie; et puis en fissent une garnison et le remparèrent. Apriès, il vinrent à Villenove d’Aghinois et l’asegièrent, et y fissent ung jour mout grant assaut. Chil de le ville doubtèrent qu’il ne fuissent pris par forche et tout gastet et essilliet; si se rendirent, saufve leurs corps et leurs biens, et jurèrent qu’il seroient en avant bons Franchois et loyal, mès puis en mentirent.
Ces nouvelles parvinrent jusques au prinche, qui se tenoit à Angouloime, coumment li Franchois destruisoient et gastoient son pays: si en fu durement courouchiés. Adonc estoit assés nouvellement venus messires Robers Canolles. Si s’avisa li prinches que il l’envoieroit de celle part pour contrester as Compaingnes, et li deliveroit touttes ses gens d’armes. Si l’en delivra grant fuisson et tous les chevaliers et escuiers de son hostel, premierement: monsigneur Thummas de Persi, monsigneur Estievene de Gousenton, monsigneur Richart de Pontchardon, monsigneur d’Aghoriset, monsigneur Noël Lorinch, monsigneur Guillaumme Tourssiel, monsigneur Nicoulas Bonde, monsigneur Jehan Trivet, monsigneur Richart Tantonne, monsigneur Thummas de Welkefare et pluisseurs autres; et estoient bien, quant il furent tout assamblé, cinq cens lanches et cinq cens archiers et otant de brigans à tous pavais. Si chevauchièrent ces gens d’armes, dont messires Robers estoit chiés, deviers la chité d’Aghens, car leurs ennemis estoient ens ou pays, et toudis leur croissoient gens, car encorres y revint messires Ustasses d’Abrecicourt à une routte de gens d’armes, par l’ordounnanche dou prinche.