[64] En 1367, Pâques tomba le 18 avril.
[65] Par acte daté de Burgos, en l’église cathédrale, devant le grand autel, le 2 mai 1367, en présence de Jean, comte d’Armagnac, de Jean Chandos, vicomte de Saint-Sauveur, connétable d’Aquitaine, de Thomas de Felton, sénéchal d’Aquitaine, de Martin Lopez, d’Olivier de Clisson, de Robert Knolles, de Baudouin de Fréville, sénéchal de Poitou, don Pèdre confirma les engagements pécuniaires qu’il avait pris envers le prince de Galles le 23 septembre précédent; et par un autre acte, daté du monastère de Las Huelgas près Burgos le 6 mai, il s’obligea à payer au dit prince un million d’or. Rymer, III, 825.
[66] Bertrand du Guesclin perdit son sceau dans le tumulte de la mêlée: «.... maxime in bello Nadrensi in quo, prout notorium erat, dictus connestabularius captus fuerat et sigillum suum ac omnia bona sua perdiderat.» Arch. Nat., sect. jud., X1a38, fo 246.—Bertrand avait été pris par un chevalier anglais nommé Thomas Cheyne, auquel Édouard III le racheta le 20 juillet 1367 au prix de quatorze cent quatre-vingt-trois livres, six sous, six deniers «pur la fynance de Bertram de Guesclyn, chivaler, pris en la bataille de Nazare». Le 28 mai 1381, John et William Cheyne, frères et héritiers de Thomas, réclamaient encore le payement de cette somme, et Richard II donna des ordres pour qu’il leur fût donné satisfaction (Rymer, édit. de 1740, t. III, pars II, p. 133). D’après Cuvelier, le prince de Galles confia la garde de du Guesclin au captal de Buch qui fit coucher dans sa propre chambre le vainqueur de Cocherel:
«Par foy! bien vous en croi, dit li castal soubtiz;
Delez moi, en ma chambre, sera fais vostre lis.»
Chron. de B. du Guesclin, édit. de Charrière,
I, 426, vers 12 191 et 12 192.
[67] Le maréchal d’Audrehem, qui était, suivant l’expression d’Ayala, «Frances de Picardia», fait prisonnier à la bataille de Poitiers, avait été relâché, suivant l’usage, avant d’avoir entièrement payé sa rançon; mais il avait prêté le serment de ne pas porter les armes contre le roi d’Angleterre ou son fils, à moins que ce ne fût sous la bannière du roi de France ou d’un prince de sa famille, de quelqu’un des Fleurs de Lis. Le lendemain de la bataille de Najera, le prince de Galles, ayant fait comparaître devant lui le sire d’Audrehem, l’appela parjure et traître et lui dit qu’il méritait la mort. Toutefois un tribunal d’honneur, composé de douze chevaliers, quatre Anglais, quatre Gascons et quatre Bretons, déclara, après un débat contradictoire, que le maréchal n’était point coupable. Le système de défense du chevalier français, reconnu valable par ses juges, consista à dire qu’il n’avait point violé son serment de ne porter les armes ni contre le roi d’Angleterre ni contre son fils, puisqu’à Najera il s’était battu en réalité contre don Pèdre, non contre le prince de Galles qui n’avait été, à le bien prendre, dans cette journée qu’un capitaine à la solde du roi de Castille: «ca el Capitan é cabo desta batalla es el Rey Don Pedro, é á sus gages é á su sueldo, como asoldado é gagero, venides vos aqui el dia de hoy, é non venides como mayor desta hueste.» Cronicas de Castilla, I, 558 et 559.—Le maréchal d’Audrehem fut, comme du Guesclin, mis en liberté sous caution dès les premiers mois de 1368, et le comte de Foix prêta six mille francs d’or à Arnoul pour l’aider à payer sa rançon que Charles V, par mandement en date du 2 mars, imputa sur les aides du Languedoc (Bibl. Nat., Collection des titres originaux, au mot Audenehan). Dans des lettres de quittance générale qui furent délivrées au vieux guerrier à Vincennes le 9 février 1370 (n. st.), on trouve les lignes suivantes qui traduisent avec force la reconnaissance du souverain pour des services tout à fait exceptionnels: «.... reducentes illese fidelitatis conscientiam et obsequia.... utilia reipublice regni nostri, tam in premissis quam etiam in aliis magnis, arduis et secretis, et firmiter tenentes et indubie quam dictus consiliarius noster, qui famosus existit et genere et animo nobilis, quem non semel sed pluries proprium corpus mortis periculo certum est honorifice submisisse pro statu prospero reipublice regni nostri, et hostes ipsum duxisse et ductum diu tenuisse captivum, pro quibus excessivas redemptiones non de facili habitas exsolvisse dinoscitur, omni prorsus spreta cupidine, receptas quascunque pecuniarum summas per ipsum de suo mandato vel suo nomine, in premissorum et aliorum commissorum eidem execucione, utiliter exposuit, nec ad acquirendam pecuniam, sed ut daret actus nobiles, famam et honorem, quæ post mortem laudem et gloriam rememorant acquirentium....» Arch. Nat., JJ 100, no 35.—Le fidèle et vaillant soldat, qui avait si noblement servi la France pendant plus de trente ans, avait bien le droit d’être enterré à Saint-Denis, à côté de nos rois, et c’est en effet le suprême honneur que Charles V conféra au plus digne compagnon d’armes de du Guesclin.
[68] Don Enrique, pour mieux fuir, échangea le grand et massif destrier bardé de fer qu’il avait monté pendant l’action, «un caballo grande rucio castellano é armado de loríga», contre un genet, «caballo ginete», c’est-à-dire une monture plus légère que lui donna un écuyer de l’Alava, nommé Rui Fernandez de Gaona (Cronicas de Castilla, I, 559). Le destrier fut pris par les Anglais, car nous apprenons par un fragment de compte, en date du lundi 5 juillet 1367, qu’Édouard III fit payer seize livres, treize sous, quatre deniers, à Franskin Forsett, valet d’écurie du prince d’Aquitaine: «ducenti domino regi quemdam dextrarium Henrici bastardi Ispaniæ, captum apud bellum de Nazerr.» Rymer, édit. de 1830, III, 825.
[69] Don Enrique n’alla pas à Valence. De Najera, il gagna Soria, puis Illueca, en Aragon, d’où don Pedro de Luna, qui devait devenir plus tard l’antipape Benoît XIII, servant de guide au fugitif à travers les montagnes, le conduisit lui-même à Orthez, à la cour du comte de Foix.
[70] A la première nouvelle de la défaite de son mari, doña Juana, femme de don Enrique, emmenant avec elle l’infante Léonor d’Aragon fiancée à son fils, avait gagné précipitamment Saragosse dont l’archevêque, de la famille des Luna, lui était dévoué; mais don Pedro IV, roi d’Aragon, la reçut fort mal, rompit le mariage projeté entre sa fille Léonor et le fils de don Enrique et ne se fit aucun scrupule d’entrer en négociations avec les vainqueurs de Najera.