[160] Dordogne, arr. Périgueux, c. Brantôme. Pendant le siége de Bourdeilles, les Anglais s’emparèrent de Roussille (château situé en Douville, Dordogne, arr. Bergerac, c. Villamblard) et firent des tentatives infructueuses contre Auberoche (château situé au Change, arr. Périgueux, c. Savignac-les-Églises) et Montignac (Dordogne, arr. Sarlat). Dessalles, Ibid., p. 90.
[161] Ernaudon et Bernardet de Badefol étaient les deux fils naturels de Seguin de Gontaut, sire de Badefols (auj. Badefols-de-Cadouin Dordogne, arr. Bergerac, c. Cadouin), père du fameux Seguin de Badefol, empoisonné par le roi de Navarre à la fin de 1365. Seguin de Gontaut, qui avait aussi donné le jour à trois filles naturelles, vivait encore au commencement de 1369; il mourut peu après, le 23 août 1371, et fut enterré dans l’abbaye de Cadouin. Tandis que les deux bâtards de ce seigneur s’étaient enrôlés dans le parti français et commandaient la garnison de Bourdeilles, Gastonnet ou Tonnet, le dernier né des fils légitimes de Seguin, était, comme nous le verrons plus loin, capitaine de Bergerac pour les Anglais.
[162] Le 5 avril 1369, Charles V manda à Jean le Mercier, trésorier des guerres, de fournir cinquante payes à son «amé et feal Jehan de Bueil, chevalier, pour la garde de la ville d’Angers et du pays d’environ.» Delisle, Mandements de Charles V, p. 258.—Dans deux actes datés des 16 et 18 juillet suivants, Jean de Beuil est mentionné comme faisant alors la guerre sur les confins de la Touraine et du Poitou (Arch. Nat., JJ 100, no 526).
[163] Ce combat, qui fut livré près de Lusignan vers le milieu de 1369, paraît avoir eu une certaine importance. Froissart est le seul chroniqueur qui le mentionne, mais nous avons découvert un acte relatif à un chevalier français qui y perdit la vie, où l’on donne à cet engagement le nom de «bataille». Par cet acte daté du bois de Vincennes en septembre 1369, Charles V donna les biens confisqués de Simon du Feloux, de Robin du Portau et de Jean de Maisoncelles, sis en Loudunois, à Philippe de Montjehan, veuve de Robert Fretart, fils de feu Robert Fretart, en son vivant chambellan de Philippe de Valois, afin de la dédommager de ce qu’elle avait payé «pour la reançon de feu Robert Fretart son filz lequel, pour nous servir en nos guerres, fu plusieurs fois prisonnier à Montbason et ailleurs et darriennement perdi un cheval, du pris de cent livres, en la bataille qui fu emprè Lizignam, en laquelle aussi fu mort le dit Robert.» Arch. Nat., JJ 100, no 393. Cf. JJ 100, nos 112 et 280.
[164] Simon Burleigh avait été élevé avec le prince de Galles qui le chargea, ainsi que Guichard d’Angle, de diriger l’éducation de son second fils, depuis Richard II. Froissart fut mis de bonne heure en relation avec ce chevalier auquel il dut sans doute quelques-uns de ses récits. «De ma jeunesse, dit le chroniqueur racontant la mort violente de Simon Burleigh en 1387, je l’avoie trouvé courtois chevallier et à mon semblant pourveu de bon sens et entendement.» Froissart de Buchon, éd. du Panthéon, II, 613.—Simon Burleigh avait épousé Marguerite de Beaussé, veuve du seigneur de Machecoul (Loire-Inférieure, arr. Nantes), laquelle lui avait fait donation de tous ses biens au détriment de son héritière naturelle Catherine de Machecoul, mariée à Pierre de Craon. Par acte daté de Paris, au mois de juillet 1369, Charles V déclara cette donation nulle et non avenue, et il importe de signaler cet acte parce qu’il mentionne l’occupation à cette date de Saumur par les Français, contrairement à l’assertion de tous les historiens anciens et modernes de l’Anjou (Arch. Nat., JJ 100, no 540).
[165] Ce chevalier dont le véritable nom est resté un mystère pour tous les éditeurs et commentateurs de Froissart, s’appelait Adam Chel, dit d’Agorisses; il était originaire du pays de Galles et marié à la dame de Mortemart (Haute-Vienne, arr. Bellac, c. Mézières). Le 2 mars 1370, Charles V déclara confisqué le château de Gençay (Vienne, arr. Civray) qui appartenait à Adam Chel, et le donna à Jean de Villemur; puis, deux jours après, le 4 du même mois, il révoqua la précédente donation et transporta le dit château à Louis, sire de Malval. Au reste, ces donations ne tiraient guère à conséquence, puisque Gençay n’avait pas cessé d’être au pouvoir d’Adam Chel. Arch. Nat., JJ 100, fo 242 (charte barrée) et nos 804 et 472.
[166] Dès la fin de janvier 1369, Jean Chandos devait être arrivé à Montauban, puisque Thomas de Wetenhale, voulant relever le courage et soutenir la fidélité des habitants de Millau, après la défaite des Anglais au mont d’Alazac arrivée le 17 de ce mois, leur disait que Chandos et Bertucat d’Albret, à la tête de troupes considérables, étaient en route pour venir protéger le Rouergue et en chasser les ennemis (Le Rouergue sous les Anglais, p. 137). La mention de Bertucat d’Albret, désigné par Thomas de Wetenhale comme le compagnon d’armes de Chandos, prouve en outre, contrairement à l’assertion de Froissart, que ce chef de Compagnies était encore, à cette date, dans le parti anglais.
[167] Le 27 mars 1369, c’est-à-dire au moment même où Anglais et Français se disputaient le Quercy à main armée, le prince d’Aquitaine donna le comté de Bigorre à Jean de Grailly, captal de Buch, dont il récompensait ainsi l’inaltérable fidélité à sa cause (Carte, Rôles gascons, p. 157). Cette donation fut confirmée par Édouard III, le 8 juin suivant.
[168] Guillaume Larchevêque, seigneur de Parthenay. Par acte daté du bois de Vincennes en juin 1369, Charles V donna à son amé écuyer d’écurie Guillaume Goffier les château et châtellenie de Rugny en Touraine (aujourd’hui Rigny, Indre-et-Loire, arr. Chinon, c. Azay-le-Rideau), confisqués sur Guillaume Larchevêque, sire de Parthenay, qui les possédait du chef de sa femme, «pour ce que le dit Guillaume s’est renduz nostre ennemi et a tenu et tient le parti du dit prince de Gales, duc de Guienne, et s’est armez et arme contre nous et noz subgiez, en faisant et portant de jour en jour tous les dommages qu’il peut à nostre dit royaulme, et lequel chastel a esté pris par force de noz gens.» Arch. Nat., JJ 100, no 197.—Le 9 du mois suivant, le roi de France, apprenant que la terre de la Fougereuse en la vicomté de Thouars (aujourd’hui section de Saint-Maurice-la-Fougereuse, Deux-Sèvres, arr. Bressuire, c. Argenton-Château), appartenant à Briand de la Haye, chevalier du parti français, avait été donnée par le prince de Galles au sire de Parthenay, assigna au dit Briand 500 livres de rente sur les biens confisqués de Guillaume Larchevêque. JJ 100, no 201.
[169] Le «Cerrières» du texte (Terrières n’est sans doute qu’une mauvaise leçon provenant de la similitude du t et du c dans l’écriture des quatorzième et quinzième siècles), situé en Toulousain, suivant la remarque du chroniqueur, doit être identifié selon toute vraisemblance avec Roqueserrière (Haute-Garonne, arr. Toulouse, c. Montastruc). Ce que Froissart dit ensuite d’une tentative infructueuse contre Lavaur, confirme cette identification. Les gens d’armes du prince d’Aquitaine attaquèrent sans doute avec un acharnement particulier les châteaux et manoirs de ce Pierre Raymond de Rabastens, seigneur de Campagnac (Tarn, arr. Gaillac, c. Castelnau-de-Montmiral) et de Mezens (c. Rabastens), successivement sénéchal d’Agen, de Beaucaire et en dernier lieu de Toulouse (Arch. Nat., JJ 102, no 224), l’agent dont le duc d’Anjou s’était surtout servi dans ses négociations avec les appelants du Quercy et du Rouergue (Ordonn., VI, 500 et 501). Quoi qu’il en soit, les Anglais ravagèrent alors à tel point l’Albigeois que la population déserta en masse les campagnes pour chercher un refuge dans les villes fermées. Les vignobles restèrent incultes faute de bras pour les cultiver, et, sur la plainte des habitants de Castres, Charles V dut défendre aux campagnards de transporter leurs vins et vendanges à l’intérieur de cette ville et dans sa banlieue, «cum major pars territorii et pertinentiarum dicte civitatis habundet in vineis plusquam in aliis terris fructiferis, que vinee, tam propter pestiferas mortalitates quam eciam guerrarum discrimina, pro majori parte inculte et derelicte remanserunt, presertim ille que distant et sunt longe a dicta civitate, et ob hoc depopulatur civitas antedicta.» Arch. Nat., JJ 100, no 573.