CHAPITRE XV.

1382, 24 février. RÉVOLTE A ROUEN.—1er mars. ÉMEUTE DES MAILLOTINS.—14 janvier. MARIAGE DU ROI RICHARD II ET D’ANNE DE BOHÊME.—22 février. LE DUC D’ANJOU ARRIVE A AVIGNON.—13 juin. IL PART POUR L’ITALIE.—14 octobre. IL PÉNÈTRE SUR LE TERRITOIRE NAPOLITAIN.—Mai-juin. CHEVAUCHÉE DES ANGLAIS EN ESTRAMADURE.—Août. COMMENCEMENT DES POURPARLERS DE PAIX ENTRE LE PORTUGAL ET LA CASTILLE.—Octobre. DÉPART DU COMTE DE CAMBRIDGE (§§ [234][239] à [262]).

Les Parisiens, eux aussi, s’insurgent à la même époque contre le roi, qui veut rétablir les aides et autres impôts dont la suppression, accordée par feu Charles V, avait été confirmée lors du couronnement à Reims[240].

Le roi et son conseil sont forcés de se réfugier à Meaux[241]; le peuple de Paris prend les armes[242], massacre les collecteurs, ouvre les portes des prisons[243], pille les maisons[244] et délivre Hugues Aubriot[245], ancien prévôt du Châtelet, condamné à la prison pour ses méfaits dignes du feu: il se hâte de fuir en Bourgogne.

Effrayé de cette émeute, le roi se décide à envoyer aux Parisiens le sire de Couci[246], pour traiter avec eux. P. [152], [153], [350].

Sans autre suite que sa domesticité ordinaire, le sire de Couci se rend à Paris, descend à son hôtel et entre en négociations avec les chefs des émeutiers. En échange de la suppression des aides, ceux-ci s’engagent à payer chaque semaine à un receveur spécial du roi la somme de 10,000 francs, destinée uniquement à la solde des gens d’armes. Le roi, espérant mieux de l’avenir, accepte ce marché, mais reste éloigné de Paris[247]. P. [153] à [155], [350], [351].

Même insurrection à Rouen au sujet des aides; meurtres du châtelain et des collecteurs. Craignant que l’exemple ne soit contagieux pour les autres villes, le roi arrive à Rouen, apaise la révolte et obtient pour chaque semaine une somme qui sera payée à un receveur spécial[248]. P. [155], [156], [351].

Désireux de conquérir le royaume, dont le pape Clément l’a déclaré héritier, le duc d’Anjou prépare sa campagne d’Italie[249]. Ne négligeant rien pour se faire bienvenir des Parisiens, dont il espère obtenir des subsides, il s’entend avec le duc de Savoie[250], qui, moyennant 500,000 florins, lui fournira mille lances pour un an. Le duc, de son côté, engage à sa solde 9,000 hommes d’armes[251] et s’occupe de tous les préparatifs nécessaires à un long voyage. P. [156], [157], [351], [352].

Pendant que le comte de Cambridge et ses gens se reposent à Lisbonne, on célèbre le mariage de Jean[252], fils du comte de Cambridge, et de Béatrice, fille du roi de Portugal, tous deux âgés de dix ans ou à peu près. Les enfants sont couchés nus dans le même lit.

Après les fêtes du mariage[253], le roi assigne comme garnison au comte de Cambridge et à ses gens la ville d’Estremoz[254]; aux chevaliers anglais et gascons Villa Viçosa[255], leur recommandant de ne faire aucune chevauchée sans sa permission. Pendant ce temps, le roi de Castille[256], séjournant à Séville, fait venir des renforts de France. P. [157] à [159], [352].